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Bilan gouvernemental : Insécurité, vie chère, mauvaise gouvernance…, huit mois de grandes tragédies

Le Premier ministre haïtienAriel Henry, qui a hérité du pouvoir à la suite de l’assassinat de l’ancien président de la République Jovenel Moïse, a bouclé, le dimanche 20 mars 2022, ses huit mois de gouvernance. Pourtant, il n’arrive toujours pas à dégager un minimum de consensus pour initier ses grands chantiers dont la mise en place d’un Conseil Electoral Provisoire en vue de l’organisation des élections pour le renouvellement du personnel politique.

En dépit de la signature de l’accord du 11 septembre 2021, document de sortie de crise paraphé entre le Premier ministre et des partis et regroupements de partis opposés à Jovenel Moïse de son vivant, de nombreux acteurs politiques et de la société civile remettent en question la légitimité du Chef du gouvernement, qui a le soutien de la communauté internationale, en particulier les Etats-Unis d’Amérique. Malgré les missions dépêchées en Haïti par l’Oncle Sam, les protagonistes tirent sur la corde et les lignes n’ont pas bougé d’un iota alors que les conditions de vie d’une population en proie à l’insécurité généralisée inédite ne fait que s’aggraver davantage.

Dans une adresse à la nation, à l’occasion de ses huit mois au pouvoir, le Chef du gouvernement a dit entendre les cris de la population et réitéré son appel au dialogue. « Je lance un appel solennel à tous les partis politiques, aux compatriotes de Montana, de PEN et aux secteurs formel, informel, religieux, au secteur privé, à la société civile en général, pour que nous nous assoyions afin de construire un consensus large sur des questions fondamentales pour l’avenir du pays ; c’est-à-dire l’adoption d’une nouvelle constitution et la réalisation d’élections », a déclaré Ariel Henry. 

Alors qu’il tend la main aux protagonistes de la crise, paradoxalement il a boudé trois invitations du tiers restant du Sénat de la République présidé par l’autoproclamé animal politique, Joseph Lambert, dans le cadre des pourparlers visant une solution consensuelle à cette crise multidimensionnelle. Ariel Henry, selon ses adversaires politiques, devrait prêcher par l’exemple. Et pourtant !

En raison de l’insécurité qui s’installe dans le pays et les effets de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, y compris la récente hausse des prix du carburant, tous les prix des produits de première nécessité connaissent une augmentation sur le marché local, réduisant le pouvoir d’achat de la population. Lors de cette adresse à la nation, le locataire de la Primature a annoncé des jours sombres pour le pays, à cause de cette crise.

« Haïti risque d’être frappée durement en raison de la guerre qui a éclaté en Europe entre la Russie et l’Ukraine. Tous ceux qui écoutent les nouvelles savent que ce conflit a causé une augmentation vertigineuse des prix du pétrole et d’autres denrées dans le monde entier et chez nous également », a-t-il indiqué. Il a en outre demandé à tous les ministres de réfléchir sur les conséquences de cette guerre sur l’économie du pays ainsi que les mesures à adopter pour soulager les plus pauvres. 

Dialogue, élections  et referendum avaient été les principales missions confiées au neurochirurgien de 72 ans, il y a de cela 8 mois.  Malgré les multiples tentatives, le Premier ministre ne parvient pas à gagner la confiance des différents secteurs de la vie nationale pour monter le Conseil Electoral Provisoire en vue de la tenue des élections qui devraient avoir lieu cette année. Or, le contexte actuel, de l’avis de plus d’un, n’est pas propice aux scrutins. Les actes de violence et de criminalité, y compris les enlèvements, ont atteint un niveau inquiétant ces derniers mois. Au total, 112 personnes ont été tuées dans des actes de violence au cours du mois de février 2022 dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, a révélé un rapport de la Commission épiscopale nationale pour la justice et la paix (Ce-Jilap).

L’insécurité et le kidnapping sont les deux plus grandes préoccupations de l’heure, à côté de la vie chère et du chômage. Le moment n’est-il pas venu de créer des conditions, tant soit peu minimales, afin de sortir le pays de l’impasse  dans laquelle il se trouve à cause de la mauvaise gouvernance ?  Haïti a besoin d’unité pour remettre les pendules à l’heure. Chacun doit prendre ses responsabilités à cet égard.

 Yves Manuel

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