samedi, septembre 18L'information d'un bout à l'autre

Claude Joseph, Ariel Henry, Joseph Lambert, qui l’emportera au jeu de la chaise musicale ?

Tout le monde s’accorde sur le fait que le Président de la République, Jovenel Moïse, est mort dans des circonstances floues ; un vide est donc créé au sommet de l’Etat. Seul Dieu et les marionnettistes de l’Occident pourraient avoir une idée du temps que va durer cette vacance. Pendant ce temps, le pays en souffre jusqu’au tréfonds de son âme. C’est une double peine pour la démocratie haïtienne qui essaie, d’une part, de se remettre du traumatisme lié à l’assassinat du Chef de l’Etat, de l’autre, vivre le vide qui s’est installé subséquemment, par extension tout le trouble que ce dernier charrie.

Pas possible dans le cas d’Haïti de singer la France qui, du temps de la monarchie, remplaçait dans l’heure le souverain mort. « Le Roi est mort, vive le Roi ! », un slogan qui traduit la supériorité d’un système de gestion de la cité sur les aléas de la vie. Ce dont Haïti est loin de se prévaloir. La maxime française disant « la mort du Sergent arrange le Caporal » colle bizarrement mieux à la scène qui se déroule pour la délectation des esprits les plus pessimistes sur le sort d’Haïti. A peine la police scientifique a eu le temps d’arriver sur la scène de crime qu’un fils naturel fraichement déshérité par le Roi défunt s’est précipité pour réclamer le trône. Le Premier ministre, Claude Joseph, après ses démarches ayant conduit à une espèce d’autoproclamation a été, à tort ou à raison, la cible de toutes sortes de blâmes et de critiques.

Devant les perspectives de pouvoirs et d’opportunités d’enrichissement, tout le monde met ses griffes et ses crocs dehors, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre. En première ligne : Claude Joseph, Premier ministre a.i démissionnaire, Ariel Henry, Premier ministre nommé et Joseph Lambert, président de ce qui reste du Sénat.

Chacun manœuvre dans son coin, loyalement ou déloyalement, pour s’accaparer de la chaise. Claude Joseph, Premier Ministre a.i, qui est jusqu’a présent le favori du Blanc, du haut de son audace, agit comme s’il n’y avait aucune controverse dans la situation. Visiblement, il fait tout pour garder la longueur d’avance qu’il croit avoir. Il prend des initiatives, d’ ailleurs il a promis de finir, autant que faire se peut, des chantiers initiés sous l’impulsion de Jovenel Moïse, un hic survient cependant pour M. Joseph. Un média colombien rapporte qu’il serait épinglé dans le dossier relatif à l’assassinat du Président haïtien, information que la Direction Générale de la Police Nationale s’est empressée de démentir. En tout cas, vraie ou pas, cette information peut-être vue comme un impondérable par le Blanc qui, du coup, pourrait ne plus vouloir s’encombrer du poids mort que Claude Joseph deviendrait en cas d’inculpation. Attendons de voir la suite !

Ariel Henry, de son coté, bien qu’étant vraisemblablement le plus ignoré de tous, ne veut surtout pas s’en démordre. Lui aussi pose des actions, il a notamment rencontré des acteurs issus de différents secteurs en présence. Au terme des discussions, il a monté un cabinet qui se veut mosaïque et en a rendu publique la liste. Quel pourrait être la suite pour lui, au regard du scénario qui se déroule? Rien de rassurant.

Pour Joseph Lambert, fils légitime de la classe politique traditionnelle, l’avenir n’est pas si reluisant que ça non plus, toutefois il ne lâche pas le morceau. En même temps qu’il multiplie des assises avec ses pairs de la classe politique, il joue de manière à attirer la sympathie du Blanc. Comparativement au deuxième prétendant, il parait plus près du but grâce au fait qu’il est un élu du peuple. Celui qui se fait appeler « animal politique » est un madré dans le domaine qui sait comment prendre de l’avantage sur un concurrent. Il a déjà prouvé par le passé à quel point il peut être redoutable comme adversaire. Fort de cela, Claude Joseph a intérêt à savoir arrêter les coups, diraient certains observateurs.

Chacun se présente comme le meilleur prétendant à la couronne en se livrant à un spectacle qui s’apparente au jeu de la chaise musicale. Qui va l’emporter? La question du moment que tout le monde se pose pendant que l’étranger assiste pénard au pugilat politique des éhontés tout en sachant, comme toujours, qu’il aura le dernier  mot. 

Le pays est en train de vivre un moment des plus révélateurs de l’hypocrisie sans commune mesure des politiciens. L’opposition voulait le départ de Jovenel Moïse, ce qu’elle a eu d’une certaine manière, mais à l’évidence, elle n’était pas unanime sur la nature et le contenu de la transition réclamée pour l’après-Jovenel. 

Kensley Marcel

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