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Dan Jerry Toussaint, martyr pour la Patrie !

Est-il encore un Devoir patriotique et citoyen de mourir pour une Patrie en crise d’Hommes? A cette embarrassante question, Dan Jerry Toussaint, inspecteur de police, a répondu par un OUI catégorique, par l’exemple, en laissant sa peau à Fessard, une localité de Laboule 12 (Pétion-Ville), lors d’une opération policière, samedi 1er janvier 2022, visant à mettre des bandits hors d’état de nuire la République. Le fils de l’ancien Major des Forces Armées d’Haïti (FAd’H), Dany Toussaint, est mort en Héros pour un pays qui s’autorise impitoyablement, depuis des années, à récompenser ses vaillants et valeureux fils et filles par le mépris, l’indifférence, voire l’oubli le plus total. Octroyant ainsi, sans vergogne, carte blanche aux sans foi ni loi, aux sans feu ni lieu, pour ôter la vie aux paisibles citoyens, impunément.

2022, à l’aube, Jour de la fête de l’Indépendance, Dan Jerry Toussaint, est entré dans la Lumière. Disons mieux, est poussé vers la Lumière. Tenant compte de l’héroïsme dont sa mort est empreinte, une question se pose : appartient-il aujourd’hui à la légende ? Pour sa famille et ses proches, la réponse est : OUI. Mais, paradoxalement, pour cette nation dont il s’est fait le martyr, la réponse est : NON. Qui pis est, comme bon nombre de policiers tombés dans l’exercice de leurs fonctions, l’inspecteur Toussaint, sa vie, ses œuvres, son courage et sa bravoure sont déjà jetés aux oubliettes. Hélas ! Dans cette Haïti où le Patriotisme est un délit et la pratique des grandes vertus une insulte, rendre hommage aux méritants est un acte de grandeur passé de mode.

Dan Jerry Toussaint, mon frère, je n’ai pas tenu l’arme qui t’a ôté la vie, mais je me sens tout aussi coupable que ces malfrats qui ont posé ce geste mortellement diabolique et inhumain. Oui, un profond sentiment de culpabilité envahit chacune des fibres de mon corps, pour avoir joué un rôle dans ton intégration à la Police Nationale d’Haïti. Je n’ai jamais crû que certaines générosités pouvaient porter en elles-mêmes des germes de malveillance ! Je suis coupable, et je le redis.

Et puisque « la récompense des grands hommes, c’est que, longtemps après leur mort, on n’est pas bien sûr qu’ils soient morts », je m’engage solennellement, dès aujourd’hui, à rappeler à la postérité que l’inspecteur de police que tu fus, a donné sa vie pour redonner un sens et une contenance au cinquième couplet de notre hymne national, la Dessalinienne, « pour le Drapeau, pour la Patrie, mourir est beau, mourir est beau… ». Puisse par cet engagement me faire pardonner ! Ce qui est mort ne saurait mourir ! Entre dans ta Lumière en paix, Jerry !

Junior Moschino Rémy

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