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Déficit budgétaire record au premier trimestre de l’année fiscale 20-21

La banque centrale a déjà épongé la quasi-totalité des 23,6 milliards de déficit. Les perspectives de l’économie haïtienne dépendent de l’évolution de la situation sociopolitique et sécuritaire, conclut la note sur la politique monétaire publiée récemment par la Banque de la République d’Haïti. Alors que les autorités prévoyaient 132.6 milliards de gourdes de recette, l’économiste Kesner Pharel se montre extrêmement dubitatif concernant le reste de l’année fiscale et notamment le respect des prévisions du Ministère de l’Économie et des Finances.

Les finances publiques pendant les trois premiers mois de l’exercice fiscal 2020-2021 reflètent la situation sociopolitique. La détérioration du climat sécuritaire et des affaires a de sérieux impacts sur l’économie du pays. Tandis que l’Etat haïtien espérait entrer en moyenne 11.1 milliards de gourdes par mois et 132.6 sur l’ensemble de l’année fiscale, seulement 8.4 milliards de gourdes ont été colletées en moyenne pour le premier trimestre.

Contrairement au 11.3 milliards de gourdes prévues pour les dépenses mensuelles, environs 16.3 milliards sont déjà engagées par l’Etat haïtien. Le déficit budgétaire va à un rythme de 8 milliards de gourdes par mois, et ce, atteignant déjà les 26.3 milliards de gourdes. Un écart se creuse entre les dépenses et les recettes. Sur l’ensemble des 26.3 milliards de gourde, 20.7 viennent de la Banque de la République d’Haïti (BRH).

Suivant le pacte de gouvernance économique et financière, le déficit budgétaire ne devrait pas excéder les 39.3 milliards de gourdes sur l’ensemble des 12 mois, avance Kesner Pharel qui souligne que l’Etat n’avait pas prévu un déficit à ce rythme. Le montant tiré de la Banque Centrale par le Ministère des Finances pour la réalisation de ses activités dépasse la moitié des 39.3 milliards de gourdes ; les 18.6 milliards restants doivent s’étendre sur le reste de l’année fiscale. Afin de respecter le pacte de gouvernance, les prochains trimestres devraient utiliser respectivement 6.2 milliards. Un exercice difficile et peu probable, estime M. Pharel, compte tenu des événements sociopolitiques ainsi que les impacts de la crise sanitaire liée à la pandémie de COVID-19.

Le Carnaval National, le Référendum et les prochaines élections sont des activités qui doivent  normalement exercer une certaine pression sur les dépenses publiques, poursuit l’économiste qui rappelle que les importations ont repris et atteint le niveau d’avant la COVID-19 pourtant les exportations ont tendance à stagner. Cette réalité va causer une dévaluation de la gourde à cause de la pression sur le marché des changes. Le déficit budgétaire risque d’être spectaculaire pour l’exercice fiscal 20-21.

Marvens Pierre

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