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Des journalistes foulent le macadam pour dénoncer les brutalités policières

Des professionnels de la presse marchent dans les rues de la capitale (Port-au-Prince), ce jeudi 28 janvier 2021. « Non à la brutalité policière envers les journalistes », c’est ce message fort que les travailleurs de la presse entendent faire passer à travers ce mouvement.

Tandis qu’ils exercent leur profession dans des conditions difficiles,  les journalistes haïtiens sont souvent la cible de certains agents de la PNH. Réginald Petit-frère de Journal 9, Marx Stanley Léveillé de Radio Sans Fin(RSF), Samuel Dalman de Radio-Télé Ginen, Alexis Abdias de TripFoumi Enfo, Robest Dimanche de Zénith FM…, la liste des journalistes victimes de bavures policières est longue. Mais les cas qui semblent avoir fait déborder le vase sont ceux du photojournaliste indépendant Edris Fortuné et de Réginald Rémy de Radio Télévision Caraïbes. Alors qu’Edris Fortuné chassait des images lors d’une manifestation de rue, un policier lui a délibérément lancé une bonbonne de gaz lacrymogène en plein visage. Le journaliste de la RTVC, lui, a été touché au bras par une balle en caoutchouc, lors de la couverture de la manifestation de l’opposition tenue le 20 janvier dernier.

Cette marche qui réunit très peu de journalistes des médias traditionnels, est organisée sous la houlette du Collectif des Médias en Ligne (CMEL). De toute évidence, l’initiative n’a pas été embrassée par la corporation dans son ensemble ; même si toute la presse s’en est fait l’écho. 

Selon le porte-parole du Réseau des Journalistes et Animateurs Innovants d’Haïti (REAJIH), cette marche est l’occasion de faire front commun afin d’alerter les autorités concernées sur les mauvais agissements des policiers, dont la devise est de « Protéger et Servir », à l’égard des travailleurs de la presse. Pour sa part, Gédéon Delva, Directeur de ce Réseau de journalistes et d’animateurs, rappelle que la loi haïtienne garantit non seulement la liberté d’expression, mais aussi protège les journalistes dans l’exercice de leur profession. En aucun cas, un journaliste ne peut être la cible de violences policières. 

Au classement mondial de la liberté de la presse 2020 réalisé par Reporters sans frontières (RSF), Haïti occupe le 83ème rang sur 180 pays, soit un recul de vingt-et-un (21) places par rapport à l’année précédente. Une donnée qui prouve, sans contredit, que ce droit essentiel qu’est la liberté d’expression est menacé. 

Junior Luc

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