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Haïti: Débarasser la PNH de ses « éléments gênants », une impérieuse nécésité

Le problème traditionnel de la Police Nationale d’Haïti (PNH) a toujours été la corruption et la répression. Des phénomènes qui, bien qu’ils se produisent dans presque tous les pays du monde, en particulier ceux de la région de l’Amérique latine et des Caraïbes, ne devraient pas nous servir de consolation pour laisser les choses telles qu’elles sont. Plus que jamais, les conditions sont réunies pour purger maintenant cette institution prestigieuse qui fait l’objet de débats intenses dans ce contexte haïtien marqué par une insécurité généralisée, mettant les citoyens et citoyennes à rude épreuve.

Les racines de cette culture rendent pratiquement impossible la production d’un cadre conceptuel qui permettrait d’expliquer les principaux facteurs qui pourraient mettre un frein à la corruption policière, ainsi qu’aux relations présumées avec les corrupteurs. Par exemple, les aspirants policiers apportent avec eux des valeurs qu’ils ont apprises à la maison et dans la société. Dans de nombreux cas, ces valeurs peuvent ne pas être compatibles avec celles attendues de leur nouveau rôle au sein de l’institution. La façon de minimiser le risque d’incorporer de nouveaux membres avec des valeurs contraires à celles de l’institution serait de maintenir un contrôle strict, à chaque entrée de nouveaux postulants, avec des tests de confiance et des évaluations approfondies.

Malgré les multiples programmes de coopération avec des pays dits « amis d’Haïti », portant sur la professionnalisation de la  police nationale et la réforme, entre guillemets, de cette police, les  résultats obenus   sont encore très loin de  combler les attentes de la population.

Une force de police en phase avec les citoyens doit être une tâche immédiate de la société haïtienne, appelée à faire pression et contribuer à la formation d’une nouvelle culture dans la police nationale, générant des processus de réflexion et de changement institutionnel, pour garantir le droit à la sécurité des citoyens.

La Direction générale de la  police nationale hante presque tous les hauts gradés de l’institution. Ils nourrisent tous le désir de briguer ce poste non pour protéger et servir, mais plûtot d’empocher des millions, gagner  des appartements de luxe, de grands domaines, des villas spectaculaires, de nombreux agents pour leur sécurité et celle de leur famille, y compris, bien sûr, leur maîtresse. Pendant des décennies, la police a été un repaire. Il y a peu de vols, de crimes, de viols, d’agressions, de drogues, où il n’y a pas d’agent impliqué. C’est bien connu.

Malheureusement, la sécurité des citoyens n’est pas garantie totalement sous le contrôle et la protection de cette institution chargée de maintenir l’ordre public. La police, loin de faire partie de la solution, est une partie importante du problème. Garantir la sécurité des citoyens sans produire des changements substantiels dans la police est impossible. Ce que reconnaît -Dieu merci !- le commandant en chef de la PNH, Frantz Elbé, que s’est récemment proposé d’assainir l’institution.

Aussi, faut-il noter que, des groupes internes et externes habitués au crime, pour se nourrir d’escrocs, ne veulent pas d’une police correcte, garante de la sécurité des citoyens. Ils ne veulent pas non plus d’une police qui protège les vies et les biens, une police qui est un véritable instrument de paix et de concorde. Tout compte fait, il revient à la société dans son ensemble de réclamer une police plus forte et plus professionnelle, capable de garantir sa sécurité.

MANUEL Yves

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