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Haïti: la gale s’installe dans des quartiers, les autorités sanitaires alertent… « tardivement »

Le manque d’infrastructures adéquates, la surpopulation dans les quartiers défavorisés et le faible accès à l’eau potable, sont entre autres causes avancées par des spécialistes en santé publique pour expliquer l’existence de la gale, une épidémie qui attaque de plein fouet le population de Coteaux, une section communale de Kenscoff depuis octobre 2021, selon les informations recueillies sur place par le Journal La Diaspora. Bizarrement, ce n’est qu’après 6 mois depuis le calvaire des victimes de cette épidémie que le Ministère de la Santé Publique et de la Population alerte les citoyens sur la présence de ce qu’il appelle « une infection cutanée similaire à la gale ».

Sans étude sur le terrain, l’instance responsable de la santé des Haïtiens se contente de conseiller à toute personne présentant les signes et symptômes de cette infection à se rendre dans une institution de santé. Or, nous vivons dans un pays où la disponibilité des soins fait grandement défaut. Les grèves à répétions dans les hôpitaux publics sont légions.

Les infrastructures sanitaires adéquates n’existent même pas dans la capitale, voire les sections communales, à l’image de « Nan Kwalou », 3e Belle fontaine, Commune de Croix-des-Bouquets et Coteaux, 5e section communale de Kenscoff. Ou bien les dirigeants mentent aux dirigés, ou bien ils ne maitrisent pas la réalité du monde rurale. Il n’est un secret pour personne que le terrain est propice à la propagation de diverses maladies. On se rappelle qu’en 2010, le pays a fait face à une épidémie de choléra avec un bilan officiel de 10 000 morts, bien que les organisations sociopolitiques et de défense des droits de l’homme assurent que le chiffre réel pourrait être trois fois plus élevé.

Cette maladie de la peau, la gale, qui frappe à nos portes, est très contagieuse, souligne le MSPP dans un avis. Elle se manifeste à travers des démangeaisons et lésions cutanées de grattage surtout la nuit. Dans ce document, le Ministère de la santé conseille aux citoyens d’appliquer un ensemble de mesures préventives.

Il s’agit, entre autres, d’éviter tout contact direct avec une personne infectée; faire bouillir la literie; désinfecter les vêtements; aérer les espaces; se baigner avec de l’eau propre et éviter surtout de ne pas gratter la peau malgré l’envie.

Par ailleurs, en République dominicaine, le pays voisin, les dermatologues exhortent leurs concitoyens à garder leur calme face à  l’infection cutanée en Haïti. « Nous appelons la population dominicaine à ne pas s’alarmer de ces premières nouvelles », ont déclaré ces professionnels de la santé  dans un communiqué, assurant que leur pays dispose de spécialistes hautement qualifiés pour répondre à tous les besoins liés à la peau.

La gale* est l’une des maladies dermatologiques les plus courantes, selon l’OMS, et représente une part considérable des maladies de peau enregistrées dans les pays en développement, avec environ 200 millions dans le monde. Les jeunes enfants et les personnes âgées des communautés pauvres font partie des groupes les plus vulnérables aux maladies et aux complications secondaires de l’infestation. Les taux d’infestation les plus élevés se trouvent dans les pays aux climats chauds et tropicaux, en particulier dans les communautés où coexistent surpeuplement et pauvreté, et où l’accès au traitement est limité.

*(Source Wikipedia)

Yves Manuel

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