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Haïti : L’environnement, un sujet de grande préoccupation « négligé »

Circonscrire la célébration de la Journée mondiale de l’Environnement (5 juin) à des activités officielles dans un hôtel de la capitale, relève d’une insulte à l’opinion. En Haïti, les problèmes environnementaux importent au même titre que ceux concernant l’insécurité, la santé, l’éducation, entre autres.

Un simple regard porté sur l’explosion des bidonvilles à Port-au-Prince peut résumer la situation environnementale de plusieurs autres villes haïtiennes. Constructions anarchiques, occupation illégale des espaces destinés à l’agriculture, déforestation, exode rural, surpopulation complètent un tableau préoccupant de la situation environnementale en Haïti.

Au Ministère de l’Environnement, les ministres passent, les promesses sont renouvelées, mais sans le résultat probant d’une politique publique appliquée pour faire face aux défis. On dirait que les dirigeants haïtiens vivent sur une autre planète non affectée par des changements climatiques. Pas un plan convaincant pour aborder la question environnementale dans un contexte marqué par les défis liés aux variations atmosphériques (Effet de serre), raréfaction des ressources naturelles, exposition aux dérèglements climatiques.   

Par exemple, le phénomène du déboisement reste et demeure l’un des problèmes urgents à adresser quand il est question de traiter de l’environnement. Il y a plus de 5 ans, une agence onusienne a alarmé sur la couverture forestière d’Haïti, en nette régression. Les chiffres invitaient à agir pour anticiper les dégâts. L’estimation la plus couramment répétée affirme que le pays a moins de 2% de couverture forestière. Ce résultat est lié à l’abattage systématique de l’espace boisé d’Haïti. Aucune donnée n’est disponible sur l’utilisation du bois en Haïti, cependant tout porte à croire que la cuisine haïtienne dépend exclusivement de la coupe des arbres. En Haïti, plus de 90% des foyers dépendent de la consommation du charbon de bois, révèle un rapport d’une organisation évoluant dans la promotion de la biodiversité. Dans l’ébénisterie, une grande proportion de réserves d’arbres dérive du secteur, déplore des avisés.

D’autres aspects à considérer dans le déclin environnemental restent la gestion des déchets plastiques et non-biodégradables. Pas moins de deux Décrets ont été pris dans la perspective d’interdire la commercialisation des déchets en polystyrène en Haïti. En août 2012, le Gouvernement avait cédé dans sa politique d’interdire l’utilisation des assiettes en polystyrène. En dépit du fait que le ministre de l’Environnement d’alors n’ait pas signé l’arrêté, le geste augurait un pas dans la bonne direction dans le combat pour redresser l’environnement.

D’autres actions sont considérées comme des initiatives mort-nées. Il devient une rhétorique amère que des ministres de l’Environnement procèdent à la fermeture des carrières de sable. Les exemples d’intervention des agents de l’ordre instruits par les titulaires du MDE pour interdire l’exploitation des carrières à Laboule, au pied du Morne-à-Cabri sont légion. Cependant, aucun suivi pour protéger ces sites n’a été engagé. L’Environnement se dégrade, les autorités en font le cadet de leurs soucis, en attendant des catastrophes naturelles pour nous rappeler à l’évidence.

Hervé Noël

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