vendredi, mai 27L'information d'un bout à l'autre

Haïti: Les gangs armés pullulent, la PNH fait des promesses, l’inquiétude grandit

Des individus lourdement armés ont ouvert le feu, lundi 9 mai 2022, à Martissant, quartier situé au sud de la capitale haïtienne, qui subit une vague de violences depuis près d’un an, orchestrée par des  criminels sans foi ni loi, sans feu ni lieu. Plus les jours passent, plus Haïti donne l’impression d’être abonnée aux malheurs. Alors que la criminalité s’intensifie dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, le Directeur général de la Police Nationale d’Haïti (PNH), Frantz Elbé, a réaffirmé sa détermination à mener une lutte musclée contre les gangs armés. Il alerte aussi ceux qui les financent et ceux qui les fournissent des armes et des munitions. « Ceux qui agissent ainsi sont aussi des bandits », précise Frantz Elbé qui, dans la foulée, promet de libérer Martissant dans un futur proche. On croise les doigts !

Plusieurs familles haïtiennes ont été forcées de fuir leurs maisons la semaine dernière en raison de la violence des gangs « 400 Mawozo » et « Chen Mechan », en particulier dans la Plaine du cul-de-sac au nord et au nord-est de Port-au-Prince. Depuis le 24 avril dernier, les principaux accès au Grand Nord sont détournés par des groupes armés qui se disputent des territoires face à l’inaction des autorités concernées, incapables d’arrêter l’escalade de l’insécurité.

Le 1er juin prochain marquera un an depuis que le quartier de Martissant est passé sous le contrôle des gangs armés qui se battent pour plus de territoires, forçant ainsi ceux qui veulent aller ou venir du sud du pays à utiliser des itinéraires alternatifs dangereux. « Il n’y a pas de message ou d’action de la part du Gouvernement ou du Haut Commandement  de la Police nationale. Ces attitudes démontrent l’incapacité des autorités à réagir, laissant les gangs armés décider de la vie et de la mort des citoyens », a déclaré l’OPC dans un communiqué.

L’Office de la Protection du Citoyen a, par ailleurs, exhorté les dirigeants à prendre des mesures rapides et urgentes pour rétablir l’ordre et la paix dans les communes de Croix-des-Bouquets, Cité-Soleil et dans les quartiers de Martissant afin que les habitants puissent mener leurs activités librement et sans inquiétude.

Face à l’escalade de la violence des gangs armés dans le pays, les sénateurs américains Marco Rubio et Raphael Warnock ont exhorté l’administration du président américain Joe Biden à donner la priorité aux efforts visant à stabiliser la situation sécuritaire d’Haïti, dans une lettre adressée au secrétaire d’État américain Antony Blinken. « Si rien n’est fait, le départ massif d’entreprises et d’organisations humanitaires américaines et internationales pourrait considérablement aggraver la situation économique déjà désastreuse en Haïti », ont averti les deux sénateurs américains.

Dans l’intervalle, le Groupe de Travail sur la Sécurité d’Haïti a demandé au Premier ministre Ariel Henry de déclarer l’état d’urgence pour un mois, à la suite d’affrontements entre gangs armés à Port-au-Prince. Le GTS a également demandé aux habitants des zones exposées aux affrontements entre la Police Nationale d’Haïti et les gangs d’évacuer lors des interventions policières. 

Depuis août 2020, les affrontements entre gangs armés pour le contrôle de territoires dans la région métropolitaine de Port-au-Prince ont fait de nombreuses victimes civiles et entraîné le déplacement de milliers de personnes.

Rien qu’en juin 2021, 19 000 personnes ont dû fuir les combats sanglants dans les districts de Martissant, Bel’Air et Bas-Delmas, dont 5 500 sont toujours déplacées, selon les données de la Protection civile haïtienne et des Nations Unies.

Yves MANUEL

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *