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Haïti ou la République des gangs. Que faire ?

Sommes-nous à l’ère des gangs ? Voilà une question que se pose même le citoyen lambda au regard du spectacle de mauvais goût qu’offre Haïti à la face du monde au 21ème siècle. A Port-au-Prince comme dans certaines villes de province, ce sont les bandits armés qui font la loi ; la réalité dépasse de loin les scènes hollywoodiennes. Le chaos est total ! Criminalité et pauvreté se conjuguent au présent et gangrènent le pays dans sa quasi-totalité. Selon des chiffres communiqués par le gouvernement haïtien, le pays compte plus de 200 groupes de gangs actifs et opérationnels. Depuis quelques temps, l’emprise des hommes illégalement armés s’est renforcée, alors que l’Etat peine encore à donner la preuve de l’utilité de son existence. Dans la capitale haïtienne où vivent plus de trois (3) millions d’habitants, les balles résonnent un peu partout, la bataille armée pour la suprématie, pour le contrôle des territoires, fait rage. Résultat : des milliers de citoyens ont fui leurs maisons. Tuer des civils, incendier des habitats, les bandits se donnent tous les droits face à la ‘’criante faiblesse’’ des forces de l’ordre… Les derniers évènements chaotiques de Martissant et de Bel-air ont jeté dans des camps d’hébergement (marchés publics, écoles, églises, places publiques…) des milliers de familles. Une grave crise de réfugiés de guerre est à craindre dans les jours à venir.

« Zéro tolérance »

La trêve observée au mois d’avril par les clans rivaux a été de très courte durée. Depuis fin mai, les gangs ont repris du service. C’est folie de demander à ceux qui ont fait impunément de la criminalité un métier de mettre bas les armes, c’est comme demander au Lionel Messi de 25 ans ou au Cristiano Ronaldo de 27 ans de prendre leur retraite au sommet de leur gloire. Pourtant, après le massacre des policiers au Village de Dieu, l’on s’attendait à des mesures exceptionnelles de la part des autorités concernées, comme par exemple la création d’unités de police d’élite, la participation pleine et entière de l’armée à l’effort sécuritaire. De plus, l’on s’attendait à l’application stricte de la doctrine ‘’Tolérance zéro’’ contre les délinquants qui sèment le deuil dans les familles et terrorisent la population. Malheureusement, jusqu’à date aucune mesure allant dans ce sens n’a été prise par les autorités compétentes.

Si rien n’est fait aujourd’hui pour mettre les gangs armés hors d’état de nuire, demain ce sont eux qui commanderont au soleil d’Haïti de se lever ou de se coucher. Parce que les affrontements violents entre bandits rivaux ne connaissent pas de véritable répit et s’effectuent de manière impitoyable à l’égard des civils innocents, l’Etat, ou disons mieux ce qui en reste, doit se montrer fort en n’accordant aucune circonstance atténuante aux gangs armés. Aux grands maux les grands remèdes. Tuez-les tous !

La Rédaction

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