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« Kay blan » : un hymne à l’espoir en pleine tempête !

À peine sorti, le tube « Kay blan », une collaboration du rappeur Wendy Duvert (Wendyy), Roosevelt Saillant (BIC) et Vanessa Désiré cartonne déjà. Avec plus de deux millions de « vues » sur la plateforme YouTube, la chanson est un appel à l’engagement citoyen pour transformer Haïti.

Le rappeur Wendyy se fait le porte-parole de nombreux compatriotes qui, en raison des circonstances, sont encore éloignés du pays. L’attente, décrite par l’artiste, semble éreintante pour des milliers d’âmes haïtiennes tourmentées par la soif de retourner aux sources. Le sujet traité par le chanteur peint l’épuisement d’une communauté haïtienne face à la routine en terre étrangère.

La nostalgie exprimée dans la chanson tranche avec le dégout d’une élite politique impassible face à la réalité actuelle. Wenddy appelle les politiques à s’engager pour le changement. Dans la même lignée, le message transpire un certain contraste par rapport à la tendance actuelle. Un nombre important de jeunes haïtiens, de socioprofessionnels ne jurent que par l’abandon d’Haïti, une terre ravagée par l’insécurité, la mauvaise gouvernance, le chômage, la pauvreté.

Sans une compréhension au premier degré, le clip qui accompagne la version audio, expose une nation sans ce qui se passe à Port-au-Prince, devenue depuis un certain temps un enfer sur terre. Des beaux paysages, des plages chaleureuses, des mornes boisés, de la chaleur dans la nature écologique, une jeunesse radieuse, un soleil écrasant. La chorégraphie mise en exécution dévoile des jeunes accoutrés au bicolore national et à des tenues du terroir qui font la fierté haïtienne. La gastronomie haïtienne n’est pas en reste avec la promotion des ressources qui font la valeur et la référence haïtiennes. La cassave, la pistache grillée, le « pâté kòde », le riz blanc accompagné du « lalo », le griot et d’autres recettes, résument la cuisine créole, le bio…

L’union, l’amour, la réconciliation, le refus de cohabiter avec le drame, la nécessité de suivre les idéaux des héros nationaux sont prescrits dans le texte délivré au bout de 5 minutes. Le rythme entrainant, le refrain captivant et sans détour appelle à un sursaut d’orgueil pour reconstruire Haïti. Mille trois cent vingt-sept mille kilomètres de côtes, trente-quatre ilots, des richesses naturelles singulières à exploiter, rappelle l’artiste Roosevelt Saillant (BIC). À ces opportunités, quatre éléments sont indispensables (le vent, la terre, la mer, l’eau) pour booster l’agriculture, l’énergie électrique, l’écosystème et d’autres sphères économiques génératrices de richesses. 

Entre rimes et réalité, BIC souligne à l’encre forte qu’Haïti est le seul pays à pouvoir produire de la « mangue Francique », une denrée rare. Le vétiver, le clairin, le cacao, le café, le raisin complètent les atouts majeurs d’un peuple qui galère dans une ignorance profonde de ses bonnes cartes, déplore-t-il.

Haïti, terre de référence, berceau de l’Indépendance, symbole de la liberté, doit renaitre de ses cendres. Ce cri à un « konbit » pour faire fuir le désespoir, rappelle que les conditions pour un rebond positif sont désormais à la portée des Haïtiens. La balle est définitivement dans notre camp !

Hervé Noël 

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