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La diaspora prescrit le « dialogue consensuel » comme panacée à la crise

« Les problèmes d’Haïti sont les problèmes de tous les Haïtiens, d’ici et d’ailleurs ». Cette vérité dont l’IDENH (Intégration de la Diaspora pour l’Emergence d’une Nouvelle Haïti) se fait le défenseur intraitable a valeur d’axiome. En effet, à la fin du mois dernier, soit le 29 mars 2021 plus précisément, date marquant la célébration des 34 ans d’existence de la Constitution haïtienne, l’IDENH a organisé une séance de travail, par visioconférence, avec d’autres structures organisées de la diaspora, autour du thème : « La crise sociopolitique et économique actuelle d’Haïti vue par la diaspora/Réflexion et propositions ». Ensemble, les différents intervenants ont pesé et soupesé les enjeux de la crise multiforme qui paralyse la société haïtienne dans toutes ses composantes, et se sont mis d’accord sur l’impérative nécessité pour les protagonistes, notamment le pouvoir en place et l’opposition radicale, d’établir une passerelle de dialogue afin de déboucher sur un « Consensus » au plus vite. Ce dialogue consensuel aura pour effet, croient l’IDENH et ses interlocuteurs, d’aider Haïti à mieux se projeter dans l’avenir en avançant d’un pas plus sûr vers le référendum du 27 juin prochain, en vue de l’adoption d’une Charte fondamentale qui n’admet aucune exclusion ; tout en préservant certains acquis inscrits dans la Constitution de 1987 dont l’inefficacité face aux réalités du monde actuel a été plus d’une fois démontrée.

Plus de « PLACES » à la diaspora   

La lutte de la diaspora haïtienne pour son intégration pleine et entière dans les affaires internes d’Haïti ne date pas d’hier. Mais, s’il est un point sur lequel tous les intervenants s’accordent c’est que, dans leur stratégie de combat pour le respect de leurs droits civils et politiques, les communautés haïtiennes en terre étrangère s’étaient montrées autrefois un peu trop « timides », voire trop « laconiques » sur des sujets de fond comme l’insécurité qui sévit en Haïti, le chômage qui touche plusieurs centaines de milliers de personnes etc. Même si certaines organisations constituées ont depuis changé la donne, la diaspora se doit d’être plus active, proactive, admettent-ils. Néanmoins, la diaspora haïtienne peut se décerner un satisfecit pour être reconnue aujourd’hui comme « un secteur à part entière ». Une reconnaissance qui s’est matérialisée par la présence de Madame Espérancia César, représentante de la diaspora au sein du Conseil Electoral Provisoire (CEP), mis en place par l’administration Moïse-Jouthe en septembre 2020. Charité bien ordonnée commence par soi-même !  Les participants aux discussions ont admis qu’il s’avère nécessaire pour les fils et filles d’Haïti évoluant ailleurs de se constituer en une véritable force de lobbying, via un nouveau paradigme d’intégration, afin de recueillir les propositions pour les porter par devant les décideurs…  Vue par certains politiciens, à tort, comme une menace, la diaspora haïtienne est une plus-value. C’est un fait !

Au secours du référendum constitutionnel !

Présentant le dialogue consensuel tel un « sésame », les membres de la diaspora haïtienne qui intervenaient dans les échanges du lundi 29 mars 2021, ont scruté l’avant-projet de la nouvelle Constitution qui recèle en son sein, soulignent-ils, du « très bon », du « bon » et du « mauvais ». D’où, il est du devoir des représentants de l’Etat et des membres de l’opposition de trouver un modus operandi, apte à assouplir les positions les plus tranchées, afin de pouvoir trier le bon grain de l’ivraie dans le nouveau texte constitutionnel disponible. Ceci est un secret de polichinelle qu’avec un Parlement, toute révision de la Charte fondamentale de 1987 qui confère aux députés et aux sénateurs de colossales prérogatives, est difficile, voire impossible. D’ailleurs, telle une dernière vérité, l’éminent juriste Monferrier Dorval, avait clairement dit que « tout changement en profondeur de la Constitution n’est possible que sans le Corps législatif ». Fort de ce constat, qui d’ailleurs est historique, les intervenants ont reconnu que le contexte actuel est favorable au changement de la Constitution. Seul un dépassement de soi de part et d’autre reste et demeure la condition sine qua non pour donner à Haïti une voix dans le concert des nations qui réclament de plus en plus d’inclusions. Et parce que la voix de tous les Haïtiens compte, la diaspora dont l’apport à l’économie nationale a un poids considérable, réclame sa participation pleine et entière au référendum prévu le 27 juin 2021, tant par l’accès au vote que par la possibilité de sensibiliser les citoyens sur ce devoir civique à accomplir.  

Le bilan des 34 ans d’existence de la Constitution est maigre. Cela s’explique tant par les « émotions » qui ont donné naissance à cette Charte fondamentale en rupture avec la dictature que par l’« exclusion » qu’elle prône. Aujourd’hui, le seul pari à tenter pour gagner reste et demeure le « Dialogue ». C’est ce « Chemin du tout est possible » que l’IDENH et les différentes structures organisées de la diaspora, constituées en une force politique d’influence, invitent les acteurs impliqués dans la crise à prendre.

La Rédaction

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