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Le kidnapping, épée de Damoclès suspendue sur la diaspora

Décidément, Haïti renvoie de plus en plus vers l’extérieur l’image d’un pays abonné aux malheurs. Avec une économie exsangue et frappée par une instabilité politique chronique, la première République noire fait face aujourd’hui à un phénomène qui s’ancre de plus en plus dans son quotidien : le kidnapping. Alors que la diaspora haïtienne ne cesse de réclamer légitimement son intégration et sa participation dans les affaires internes d’Haïti, la montée de l’insécurité sous toutes ses formes constitue un véritable motif de découragement.  

De la période allant du 3 au 26 janvier 2021, vingt-huit (28) cas d’enlèvement ont été signalés, uniquement dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Ce phénomène tentaculaire n’épargne aucune sphère de la société ; les victimes se comptent à tous les échelons de la vie nationale. On se souviendra longtemps de cet enfant kidnappé entre les mains de sa mère à deux pas de son établissement scolaire, à l’entrée sud du pays, de la religieuse Dachoune Sévère enlevée dans la même zone, de l’entrepreneur kidnappé à Delmas 40B dans l’enceinte même de son entreprise au soir du 25 janvier 2021. Des cas, les uns plus révoltants que les autres, qui plongent la population dans une peur existentielle, voire angoissante.

La recrudescence de l’insécurité ne limite pas seulement les déplacements des citoyens vivant en Haïti. Aussi ajourne-t-elle l’envie d’une forte majorité d’Haïtiens de la diaspora qui voudraient soit venir investir, soit retourner vivre en terre natale. Au congrès Constitutionnel tenu les 14,15 et 16 janvier dernier à Ritz Kinam II (Pétion-Ville), certains représentants des différentes fédérations de la diaspora ont clairement exprimé leur ras-le-bol face à cet état de fait, menaçant ainsi, si le mal persiste, de surseoir à toute velléité d’entreprendre des affaires en Haïti, par exemple. Même si dans la foulée, les plus optimistes se disent prêts à braver le danger en vue de leur participation intégrale au développement d’Haïti à tous les niveaux, politique, économique, social, sécuritaire… 

A qui profite le kidnapping ? En attendant de trouver réponse à cette question, le Président de la République, Jovenel Moïse, lors d’une adresse à la nation le 25 janvier dernier, a annoncé la formation d’une « task force » constituée des différentes institutions chargées de la sécurité du pays, en vue de mettre fin au règne des kidnappeurs. La nation est dans l’attente.

Junior Luc

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