lundi, mai 10L'information d'un bout à l'autre

Motivés, des Haïtiens de la diaspora espèrent participer sans ambages au référendum constitutionnel

Contre vents et marées, Haïti avance à grand pas vers le changement de sa Constitution. A en croire les sondages réalisés par différentes institutions, 82 à 90% de citoyens, à travers tout le territoire national, sont prêts à dire « OUI » au nouveau texte constitutionnel. Entretemps, les membres de la diaspora haïtienne ne sont pas en reste. Résolument mobilisés à accomplir leur devoir citoyen, les Haïtiens évoluant aux Etats-Unis, au Canada, en France, au Chili, en République Dominicaine, entre autres, s’intéressent à connaitre non seulement les avancées déjà enregistrées, mais aussi les pas à franchir en vue de la tenue du référendum prévu le 27 juin 2021.

« Référendum : Enjeux et Cartes CIN/Questions de la diaspora ». Autour de ce terme spécifique, des Haïtiens vivant en terre étrangère ont discuté avec des membres du Conseil Electoral Provisoire (CEP), de l’Office National d’Identification (ONI), de Consulats et d’Ambassades d’Haïti, sur les échéances, les rôles des acteurs et sur le processus.  C’est plus d’une cinquantaine de personnes qui ont participé aux échanges, à l’initiative de l’Intégration de la Diaspora pour l’Emergence d’une Nouvelle Haïti (IDENH), le 12 avril 2021. 

La « CIN », premier des soucis

 Si en Haïti la production de la Carte d’Identification Nationale (CIN) se fait à grande échelle et avance à grand pas, dans certains pays à forte concentration d’Haïtiens désireux  de participer au vote référendaire programmé au 27 juin prochain, l’Office National d’Identification (ONI) tarde encore à atterrir. Participant à la rencontre organisé via Zoom, le Directeur Général de l’institution, Max Elibert, accuse, à raison, la crise sanitaire mondiale caractérisée par la Covid-19 qui a forcé certains pays, dont le Canada, la France, le Chili, à prendre des mesures drastiques de restriction, en vue de freiner la course du virus. D’où, les agents-techniciens de l’ONI prédisposés à former des citoyens haïtiens vivant à l’étranger pour la production de la CIN, n’ont pas pu faire le voyage au Canada, au Chili, aux Bahamas et en Europe, soit à cause de la cessation des vols aériens, soit à cause du confinement appliqué par le Gouvernement de ces pays… Les ressources humaines et la logistique sont disponibles, mais le coronavirus a ralenti la marche du train. Tout au long des échanges qui ont duré près de trois heures d’horloge, les participants se sont montrés très soucieux de savoir quand est-ce qu’ils pourront se doter de la carte leur permettant de remplir leur devoir citoyen, à savoir dire « OUI » à la nouvelle Constitution qui les rétablit dans leurs droits civils et politiques.

Solution aux retards

A date, c’est  au total 4,4 millions de personnes qui sont inscrites dans la base de données de l’Office National d’Identification (ONI). Ce chiffre, apparemment exorbitant, ne suffit pas pour autant à écarter les doutes qui pèsent sur la capacité de l’institution dont Max Elibert est le numéro un, à fournir des cartes à tous les citoyens en âge de voter, ici et ailleurs, vu que le temps qui nous sépare de la date retenue pour le referendum est relativement court (moins de trois mois). Répondant aux questions de certains participants ayant légitimement fait montre d’inquiétudes sur l’accès au vote, le Consul général d’Haïti à Montréal, Fritz Dorvilier, a évoqué l’article 13 du décret sur le référendum constitutionnel qui prévoit :

« Le citoyen déjà inscrit au registre d’identification nationale de l’Office National d’Identification, mais ne détenant pas encore la carte d’identification nationale, et dont le nom se trouve sur la liste référendaire, peut voter sur présentation de son passeport valide ou son permis de conduire »

Voilà un bon point soulevé par M. Dorvilier, mais qui ne résout pas la totalité du problème puisque nombre des gens de la diaspora ne figurent pas encore dans la base de données de l’ONI. Autant dire que l’Office doit trouver au plus vite la formule pouvant permettre aux fils et filles d’Haïti de se faire enregistrer. L’engagement est donc pris par Max Elibert, les Haïtiens d’outre-mer croisent les doigts. Au cas où l’ONI n’arriverait pas à délivrer la marchandise, le Consul général d’Haïti à Montréal, Fritz Dorvilier, propose de rechercher un artifice via l’article 15 du décret sur le référendum constitutionnel qui ordonne :

« Le cas échéant, les autres règles relatives au registre et à la liste référendaires sont fixées par résolution du CEP »

Selon le sociologue, le Conseil Electoral Provisoire pourrait, selon cet article, user de ses prorogatives pour permettre aux Haïtiens vivant à l’étranger de voter même s’ils ne sont ni détenteur de la CIN, ni figurant dans la base de données de l’ONI. Le débat est ouvert !

Où voter ?

A l’heure qu’il est, des membres de la diaspora ne savent pas encore les lieux retenus comme ‘’Centres de vote’’. Ce qui constitue un autre souci. Mais, les acteurs impliqués dans le processus, tels le ministre en charge des questions électorales, Mathias Pierre, le titulaire du Ministère des Haïtiens Vivant à l’Etranger, Louis Edner Gonzague Day, et Arlext Noël du CEP qui y participaient, rassurent que tout sera prêt en temps et en heure. Et, sur ce point précis, Fritz Dorvilier a suggéré que les Consulats, les locaux d’Associations d’Haïtiens peuvent être réquisitionnés pour l’occasion.  Même si les grandes campagnes de sensibilisation que devrait réaliser l’Etat haïtien autour du référendum constitutionnel se font rares aux Etats-Unis, au Canada ou en France, les Haïtiens qui y vivent sont on ne peut plus motivés à voter. Certaines Associations s’approprient la question du vote référendaire et ne ménagent aucun effort pour permettre aux compatriotes d’être mieux à même de faire entendre massivement leur voix le 27 juin 2021 par un « OUI » qui coupe court à toute forme d’exclusion.

La Rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *