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Passionné du football, Abner d’Haïti souffre de l’arrêt des Championnats

Dans tous les pays du monde, pratiquer le football est l’option idéale pour la majorité des jeunes voulant épouser une discipline sportive. L’affection et la passion sont entre autres liens qui relient les pratiquants au sport le plus populaire. En effet, ils sont nombreux en Haïti ceux qui ont tissé des liens forts avec le ballon rond ; Abner d’Haïti est compté parmi ces amoureux du sport-roi dans le pays. Le Journal la Diaspora s’est entretenu avec Abner d’Haïti sur sa relation étroite développée avec le football dès son plus jeune âge.

Journal la Diaspora : Qui est Abner D’Haïti? 

Abner : Originaire de la commune de Delmas, je suis connu sous le sobriquet de Tyga. Dès mon enfance j’ai été confié à l’orphelinat « Sainte Hélène de Kenscoff »; c’est là que j’ai fait mes études classiques. C’est là aussi que j’ai appris à aimer le football.

Journal la Diaspora : Chaque Joueur a une histoire singulière avec le football, quand et comment a commencé la vôtre exactement?

Abner : J’ai commencé à jouer au football à « Sainte Hélène de Kenscoff » dès mon adolescence à l’ombre de Mario, un entraîneur engagé par l’orphelinat pour nous guider dans le domaine sportif. À chaque fois que j’avais un temps libre je courais tout droit vers le terrain de football pour travailler des gestes techniques et participer aux matches qui s’y jouaient.

Journal la Diaspora : Les pratiquants du football ont des préférences sur le terrain, à quel poste aimez-vous évoluer?

Abner : Sur le terrain je peux jouer à plusieurs postes différents, cependant mon poste de prédilection est le milieu de terrain. Lorsque que je joue comme milieu de terrain j’ai une vision très large du jeu, au milieu on décide si l’équipe va vite ou non. On assure la transition défense-attaque mais aussi attaque-défense. Ce poste nécessite une certaine intelligence, voire de l’aisance technique.

Journal la Diaspora : Comment êtes-vous parvenu à grimper les échelons dans le football en Haïti ?

Abner: Après avoir laissé « Sainte Hélène », j’ai regagné ma ville natale, Delmas, où j’ai joué pour la FCD. Un jour pendant que je jouais un match avec ce club de quartier, quelqu’un m’a appelé et m’a dit que je suis un talent sûr et qu’il va me permettre de trouver un club d’une certaine réputation. Il m’a emmené à Cosmopolite SC qui jouait en troisième division haïtienne. Malgré la tentative de dissuasion d’un de mes frères, j’étais décidé à tenter cette chance. Avec Cosmopolite SC j’ai joué à la troisième, la deuxième et la première division. Ensuite, lors de ma deuxième saison dans l’élite avec le club de Delmas, plusieurs autres clubs m’ont fait des offres pour obtenir ma signature. En début d’année 2021, j’ai signé à l’Association Sportive Capoise (ASC).

Journal la Diaspora : Quel est votre souvenir inoubliable jusqu’à présent dans le football national haïtien?

Abner : Sans doute, la double confrontation de mon équipe (Cosmopolite) en janvier 2018 face à Vision AC. Alors qu’il ne restait qu’une seule place à gagner pour l’ascension en première division, mon club a affronté Vision AC lors d’une double confrontation. Au match aller, nous avons livré un jeu spectaculaire, mais le résultat final était nul et vierge. Au retour dans un parc Levelt archicomble, nous avons joué un match de vie ou de mort, plusieurs joueurs de notre effectif étaient sortis blessés, moi aussi j’étais blessé.  J’ai joué le match sous l’emprise de fortes douleurs. Au terme des 90 minutes aucune équipe n’a pris l’avantage. Durant la prolongation, Michel Gerson nous a permis d’ouvrir le score, malgré l’égalisation de Vision AC, la règle du but à l’extérieur a favorisé notre montée en première division. C’est un moment que je ne suis pas encore prêt à oublier.

Journal la Diaspora: Il y a ce moment magique dans votre carrière, sans doute vous avez vécu un moment tragique…?

Abner : Oui, j’ai vécu plusieurs moments douloureux dans les championnats nationaux, celui qui me vient surtout en tête c’est une situation compliquée que j’ai vécue à la Gonâve avec Cosmopolite SC. Je ne me souviens pas de la date précise. On affrontait Roulado de la Gonâve, les supporters adverses ont fait montre d’une violence quasi inhumaine contre nous et contre le corps arbitral. On avait peur d’une éventuelle dispute, car on ne connaissait pas trop bien la ville. Qui pis est, la seule porte de sortie c’était de passer la mer.

Journal la Diaspora : Les championnats nationaux sont à l’arrêt depuis juin dernier, depuis que faites-vous comme activité ?

Abner : Heureusement je n’avais pas le football comme seule et unique option.  Avec l’arrêt du championnat national, je travaille dans d’autres domaines, ce qui me permet de répondre à mes besoins. Je continue aussi à faire ce que j’aime le plus, jouer au football, j’ai joué des championnats de vacances à travers plusieurs coins du pays. A présent, je me contente de jouer des matches entre amis sur le terrain du Parc Sainte Claire de Delmas 33.

Journal la Diaspora : Quels sont les options, les rêves pour la suite de votre carrière ?

Abner : Retrouver un club étranger, c’est mon plus grand désir ; jouer des championnats compétitifs comme la Championship, les D3 et D4 anglaises.

Journal la Diaspora: Abner, c’était un plaisir d’avoir cet entretien avec vous !  Le journal vous remercie et à bientôt !

Abner : C’est à moi de vous remercier, le plaisir est partagé !

Propos recueillis par Jean Kenson Carriès

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