lundi, mai 10L'information d'un bout à l'autre

« Que les femmes soient économiquement bien formées », le souhait de Novia Augustin

Distinguée par le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits de la Femme (MCFDF), le 8 mars dernier, Novia Augustin s’est confiée au journal la Diaspora dans le cadre du mois consacré à la gent féminine. Sa formation, son parcours et sa grande ambition font d’elle une femme d’exception.

Journal la Diaspora : Qui est Novia Augustin ? Parlez-nous un peu de votre vie, de votre parcours, votre expérience professionnelle et de votre engagement citoyen…

Novia Augustin : Je suis une jeune femme de souche haïtienne… J’ai grandi avec mes parents et mes deux sœurs. Mon père, plutôt polygame, a une dizaine d’enfants. Ma mère, malgré son indépendance et son courage a presque toujours été malheureuse eu égard au comportement libidineux de mon père. Cette situation m’a toujours traumatisée et je pense que cela, jusqu’à présent, me bouleverse. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai créé Ref-Haïti (Refuge des Femmes d’Haïti), dont je suis la présidente. Je suis juriste et diplomate de formation, Vice-présidente du CCM-HAITI, Présidente du comité de pilotage de l’observatoire des services communautaires VIH, Présidente de la FEDOFED (Fédération des Organisations de Femmes pour l’Égalité des Droits). Je suis une mère célibataire, divorcée.

Journal la Diaspora : À l’occasion de la journée internationale de la lutte pour les droits de la femme, le MCFDF vous a distinguée parmi plusieurs autres femmes de la société, pouvez-vous nous dire avec quel sentiment vous avez reçu cet honneur?

Novia Augustin : J’étais très émue de voir que mon travail est apprécié. Mais, surtout reconnaissante envers mes différents bailleurs comme : OnuFemmes, UNICEF, UNFPA, PNUD, Initiative Spotlight, OnuSida, Food for the poor, et surtout la FOSREF qui appuie toujours Ref-Haïti depuis notre création jusqu’à maintenant. Elle nous supporte et nous permet de nous renforcer. Aussi, suis-je reconnaissante envers notre équipe dynamique au sein de l’organisation.

Journal la Diaspora : Qu’est-ce qui vous pousse à défendre les droits de la femme? D’où vous êtes venue cette motivation?

Novia Augustin
: L’histoire de ma mère. Imaginez une femme extrêmement courageuse qui a aimé un homme durant toute sa vie malgré les multiples violences qu’elle endurait.

Journal la Diaspora : Quels sont les axes, les points forts, sinon les champs d’intervention de votre structure féminine?

Novia Augustin : Nos axes d’intervention concernent les violences basées sur le genre (VBG),  l’égalité de genre, le VIH/ SIDA,  l’autonomisation des femmes, l’éducation, etc. Nous avons une représentation nationale, certes,  mais Ref- Haïti est plus présente dans les départements de l’Ouest et de Sud-est. À Ref-Haïti notre mission c’est de multiplier les plaidoyers, les sensibilisations et les formations pour un meilleur encadrement de la femme. Nous offrons aussi un support psycho-social ainsi qu’un appui économique aux femmes.

Journal la Diaspora : Pensez-vous que les lignes ont commencé à bouger en matière de respect des droits de la femme en Haïti?

Novia Augustin : Puisqu’il existe beaucoup de traités et d’accords internationaux qui ont été signés par Haïti sur le respect des droits des femmes et des filles, je peux en déduire qu’il y a quand même des efforts significatifs. Mais, le hic demeure leur application.

Journal de la Diaspora : Sinon, un souhait?

J’espère que dans les prochains 10 ans, les femmes haïtiennes seront libérées, qu’elles seront autonomes, financièrement bien formées et sensibilisées sans relâche sur leurs droits en tant que femmes. Mon plus grand souhait, à court terme, c’est de voir le prochain gouvernement doté d’au moins 50% de femmes.

Journal la Diaspora : Merci de votre disponibilité !

Novia Augustin : À moi de vous remercier

Propos recueillis par Junior Luc

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *