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« Il n’y a plus de classe moyenne en Haiti », déclare Gédéon Jean

Gédéon Jean, directeur exécutif du CARDH. Photo: Le Nouvelliste

Le Centre d’analyse et de recherche en droit de l’homme (CARDH) a publié récemment un rapport sur la détérioration de la situation économique du pays dans lequel il annonce une augmentation de plus de 20 % du taux d’inflation. Selon, directeur exécutif du CARDH, Gédéon Jean, cette situation entraîne la mort de la classe moyenne en Haïti.

Rien ne va plus pour l’économie haïtienne. En dépit des mesures prises par les autorités compétentes, la situation économique du pays continue de s’aggraver, se référant au dernier rapport publié par le Centre d’analyse et de recherche en droit de l’homme (CARDH) sur la santé économique du pays. Dans cette radiographie économique rendue publique, le Centre d’analyse et de recherche en droit de l’homme annonce une augmentation de plus de 20 % du taux d’inflation. Et cette situation n’est pas sans conséquence.

S’exprimant sur la dégradation de la situation économique après la publication dudit rapport, le numéro un du CARDH, annonce la mort de la classe moyenne en Haïti. L’Homme de loi a fait cette déclaration suite à un examen méticuleux des différents indices économiques qui sont au rouge depuis temps.

« Actuellement, on ne peut parler de la classe moyenne en Haïti. Il n’y a que deux classes : la masse défavorisée qui vit dans la misère et dans la crasse et ceux (5%) qui détiennent toutes les richesses du pays » a déclaré le militant des droits de l’homme.

Cette situation est due en raison de la dégradation accélérée de situation économique du pays les trois dernières années a précisé le directeur exécutif du CARDH qui rappelle en outre que plus de 4 millions soit plus d’un tiers des haïtiens font face à une insécurité alimentaire chronique.

Outre cette misère abjecte, le droit socio-économique de la masse défavorisée est constamment violé. De ce fait, on ne peut plus parler de progrès démocratique ou d’avancer en matière d’état de droit estime l’homme de loi qui rappelle aux autorités que la démocratie ne se résume pas uniquement dans l’organisation des élections.

La galère continue

Cette situation économique désastreuse qui prévaut est le résultat de toute une panoplie de mauvaises décisions prises par les dirigeants dans l’exercice de leurs fonctions. Lesquelles ayant occasionné aujourd’hui, à la dévaluation accélérée de la monnaie nationale- Qui ne représente presque plus rien –à la décapitalisation de la classe moyenne, à l’appauvrissement et surtout à la mort de la classe moyenne.

Cette situation qui s’aggrave au quotidien ne laisse aucune chance à ceux qui sont issus de la classe défavorisée d’émerger en dépit de leurs efforts. Nonobstant cette descente en enfer de la situation économique profite à ceux qui font office de dirigeants du pays. Résultats : une économie haïtienne tributaire de la diaspora et d’une communauté internationale qui a le plein pouvoir de s’immiscer, comme bon lui semble, dans les affaires politiques du pays.

Sans une éducation publique de qualité, il n’y aura jamais l’égalité des chances en Haiti. Et cette inégalité économique criante aura certainement d’autres conséquences notamment sur l’avenir de la jeunesse haïtienne en quête d’une vie meilleure.

Jodel Alcidor

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