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Opposition Vs Pouvoir : pourquoi conquérir l’opinion internationale quand on refuse de se parler?

« Pas un seul pays au monde, quel que soit son système politique, n’a réussi à se moderniser avec une politique de porte fermée », disait Deng Xiaoping en 1982. Dans le monde globalisé d’aujourd’hui, cette affirmation de celui qui fut surnommé le « Petit timonier » a valeur de vérité absolue. Parce qu’aucun pays ne peut vivre en autarcie, il parait indispensable pour les gouvernants et les gouvernés d’un État donné de chercher l’appui, voire le secours d’autres États surtout en temps de crise. Fort de cette considération, il est normal qu’Haïti, voix discordante dans le concert des nations, cherche de l’aide étrangère pour tenter de mettre fin à la cacophonie répétitive qui existe dans son esprit. Ce n’est pas un mal si le thé qui guérit le malade vient de chez le voisin…

Depuis que la crise s’est envenimée, notamment après le chambardement raté du 7 février 2021, l’opposition et le pouvoir en place tentent d’assurer une présence marquée dans les médias internationaux. Entre dénonciations et accusations, le linge sale se lave chez le « Blanc » que chacun des deux camps essaie d’influencer le jugement. Le temps est, semble-t-il, à la conquête de l’opinion internationale. Pourquoi ? La question demeure pendante. Mais si l’on devrait tenter une réponse, on dirait que les opposants, après usage de toutes les armes de destruction massive, mais inefficaces pour provoquer la chute du pouvoir, cherchent à entrer dans les bonnes grâces de la communauté internationale, que l’administration Moïse-Jouthe pour sa part veut se laver de quelques péchés qui lui sont attribués à tort ou à raison. De toutes les façons, se tourner vers l’étranger pour tenter de résoudre certains problèmes internes de quelque nature que ce soit ne constitue ni un manque de leadership ni ne consacre une perte de souveraineté. Mais quand ce geste se révèle uniquement d’une valeur polémique, voire sophistique, comme il semble être le cas aujourd’hui, il y a lieu de douter de ses bienfaits.  

Le temps des mea-culpa…

Après le périple médiatique international, utile, mais à l’évidence non essentiel, l’opposition et le pouvoir en place feraient mieux de se parler entre Haïtiens pour que soit possible la réalisation de certains projets nationaux urgents, tels le référendum constitutionnel, les élections, l’électrification du pays… L’heure de la reconnaissance patriotique des fautes, des errements, des égarements, a sonné. Même s’ils ne l’avouent pas publiquement, les deux frères ennemis sont conscients de leurs forces et de leurs faiblesses. C’est un fait : l’opposition ne peut faire capoter le pouvoir à grands coups de manifestations de rues, de mensonges et de demi-vérités ; le pouvoir ne peut non plus exécuter facilement ses chantiers, aussi grands soient-ils, sans trouver un consensus avec ses opposants. Puisque jusqu’à ce jour aucun État n’est parvenu à établir un système parfaitement autarcique, l’opposition aussi bien que le régime en place peuvent prendre la communauté internationale à témoin, l’inviter à jouer les arbitres…, mais il n’en demeure pas moins que la solution à la crise doit être haïtienne. Il est beau d’être invité ou de s’inviter sur le plateau des grands médias étrangers, mais en hors de la table haïtienne de discussions point de salut !

Junior Moschino  

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