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Haïti : L’heure a sonné d’agir dans l’intérêt des enfants !

La situation des enfants des rues à Port-au-Prince peut résumer le degré de l’insouciance des autorités compétentes face au danger qui guette la société en ce qui concerne des cas de déviance sociale. Entretemps, l’Institut du Bien-être social et de recherches (IBESR) peine à remplir sa mission de prévention d’enfants inadaptés.

Le 12 juin dernier, date marquant la Journée mondiale contre le travail des enfants, le sujet relevant du bien-être des enfants était revenu, de façon éphémère, dans les débats. Il n’existe pas de chiffres sur le nombre d’enfants engagés dans des activités condamnées par la loi, ou encore sanctionnées par des instruments légaux. Cependant, la réalité des mineurs qui survivent dans des conditions critiques interpelle. Dans les rues de Port-au-Prince, dans des quartiers précaires, ils sont légion des enfants à dormir à la belle étoile, ou à se nourrir dans des dépotoirs. D’autres cas d’enfants orphelins placés dans des centres de réadaptation, en perdition sociale, sont infinis.

S’il est vrai qu’en Haïti des enfants ne sont pas engagés dans des mines, il reste cependant à considérer les cas d’enfants enrôlés dans structures criminelles, recrutés comme domestiques. Une situation on ne peut plus inquiétante qui invite à se questionner sur la mission véritable des instances en charge de la protection de cette catégorie sociale. Une organisation internationale non gouvernementale a sonné l’alerte sur l’effectif des enfants se trouvant dans des situations de travail domestique inacceptable en Haïti.

En 2018, le Fonds des Nations-Unies pour l’Enfance (UNICEF) a révélé avoir dénombré 207 000 enfants en domesticité. D’autres données sur la situation des enfants révoltent et appellent à la manifestation célère de l’État. L’agence des Nations-Unies fait état de 80% des enfants incarcérés en Haïti qui n’ont jamais été jugés.

À la lumière de ces statistiques, il revient d’aborder le sujet au prisme de l’évolution de la société. En moins de cinq (5) ans, tous les indicateurs de développement humains en Haïti sont au rouge. La pauvreté s’est accélérée, l’inflation a atteint un niveau record, le chômage a poussé des familles à fuir le pays, l’insécurité a démantibulé les structures sociales du pays. Ces paramètres ont eu une grande incidence sur la vie des enfants et ont mis à mal le volet de leur protection.

La problématique des enfants enrôlés dans des gangs armés doit être adressée avec tact et intelligence. La Police Nationale d’Haïti (PNH), à travers ses organes de communication, a rendu public ce mois, un entretien avec un mineur recruté dans une organisation criminelle à Port-au-Prince.  Le témoignage donnait froid dans le dos. Ce fait résume le cas d’un millier d’autres enfants enrôlés ou engagés comme éclaireurs par des bandits armés.

Au regard de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, dont l’État haïtien est partie, il est clairement établi un ensemble de dispositifs pour protéger les enfants. Cependant, la défaillance des institutions publiques fragilise l’application des recommandations.   

L’État haïtien, incapable de garantir les droits le plus préliminaires, a du mal à garantir aux enfants les plus démunis leur droit. Le rapport souligne que 85% des enfants âgés entre 1 à 14 ans ont subi une forme de recours à la violence qui comprend l’agression psychologique et le châtiment corporel. Qui désamorcera la bombe à retardement ?

Hervé Noël

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