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Haïti Vs République Dominicaine : la migration, véritable pomme de discorde !

Le Neuvième Sommet des Amériques s’est achevé le vendredi 10 juin 2022 avec des résultats qui correspondent à une conception de réunion décrite à l’image et à la ressemblance des intérêts des États-Unis sans accords significatifs qui favorisent la proximité des pays de la région. Cette réunion n’avait d’autre but que de consolider le principe d’unilatéralité appliqué par Washington. L’exemple le plus flagrant c’est la question migratoire insérée dans la Déclaration de Los Angeles, approuvée lors de ce Sommet, mais qui n’a pas été signée par le Président dominicain Luis Abinader, pourtant endossée par le Premier ministre haïtien, Ariel Henry. Pourquoi le premier  n’a pas signé le document ?

La crise haïtienne serait peut-être l’une des causes pouvant expliquer l’abstention ou le refus catégorique du président dominicain de parapher la Déclaration de Los Angeles. Et d’ailleurs, lors de son discours sur la tribune des Amériques, il a beaucoup insisté sur le fait que la communauté internationale devrait assumer définitivement le problème d’Haïti avec un plus grand engagement et, de toute urgence, œuvrer à sa pacification et à son relèvement.

« C’est pourquoi moi et notre gouvernement trouvons injustifiable que cette communauté des nations permette à un État, au milieu du continent américain, d’avoir une grande partie de son territoire contrôlé par des gangs criminels (…) La République dominicaine ne peut pas porter seule les problèmes d’Haïti, en fait, elle en fait déjà trop, beaucoup plus qu’elle ne le peut. La situation dans le pays voisin a dépassé les limites d’un problème migratoire », a-t-il déclaré.

Dans la tête du Président Abinader, signer le document sur la migration, c’est permettre aux Haïtiens en difficulté dans leur propre pays de continuer à envahir la République dominicaine. Bien que ce document parle d’engagement à promouvoir le développement des pays d’origine pour décourager la migration, le but ultime serait d’arrêter le flux d’immigrants sans-papiers vers les États-Unis et de faire de la République dominicaine une destination finale pour les nations qui luttent aujourd’hui pour expulser ce type d’immigration illégale, à bien comprendre la position de Luis Abinader.

La Déclaration de Los Angeles promeut une initiative spécifique, dans le cas de la République d’Haïti, reconnaissant la nécessité pour la République dominicaine de légaliser les migrants haïtiens. Voilà toute la crainte du pays voisin. Et, en se gardant de signer le document, le Président Abinader a clairement signifié qu’il n’acceptera jamais qu’une puissance étrangère viole sa souveraineté ou cherche à le forcer à servir de moyen pour résoudre le problème haïtien. Dans le schéma migratoire, la figure de la « responsabilité partagée » est proposée, à travers laquelle les pays signataires auraient l’obligation d’agir pour empêcher leurs territoires de servir de transit d’immigrants sans-papiers vers les États-Unis, en plus de devenir la destination finale du flux migratoire.

En vertu de cet « engagement partagé », la République dominicaine pourrait devenir la destination finale de la migration haïtienne débordante, un objectif qui coïncide avec les affirmations du Premier ministre haïtien Ariel Henry selon lesquelles il aurait convenu avec le Président dominicain de promouvoir un programme de régularisation des immigrants illégaux. Ce qui allait tout de suite être démenti par la présidence dominicaine.

Dans le cadre de ce Sommet, le Président Luis Abinader a une fois de plus averti que son pays ne pouvait pas supporter seule les problèmes d’Haïti. Il a refusé également d’approuver un accord sur les migrations qui s’attaque à la souveraineté nationale. La Déclaration a été paraphée par les États-Unis, l’Argentine, la Barbade, le Belize, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, l’Équateur, Salvador, le Guatemala, Haïti, le Honduras, la Jamaïque, le Mexique, le Panama, le Paraguay, le Pérou et l’Uruguay. Pour se justifier, Luis Abinader a déclaré que la proposition n’avait que 10 jours, donc insuffisant pour analyser l’accord à travers lequel les pays cherchent à résoudre le problème de la migration dans la région. Dans ledit accord, les États-Unis étendront le quota à 20.000 immigrants entre 2023 et 2024, en donnant priorité à ceux d’Haïti.

Yves Manuel

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