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L’Haïtien ou le courage de vivre à toute épreuve

Dire que l’Haïtien est résilient, cela relève d’un euphémisme. De toute évidence, l’Haïtien est naturellement doté d’une âme faite d’acier ; ce qui lui confère un courage immuable et inouï que rien ne peut lui ôter. Aucune misère n’est trop féroce pour ravir à l’Haïtien son sourire fraternel, aucun événement trop terrible pour mettre KO l’Haïtien décidé de vivre envers et contre tout… Pour l’observateur qui s’engage, impatient, dans un jugement hâtif, il s’agit là d’une « force d’inertie ». Mais, celui qui prend le temps de percer le mystère des filles et fils de la terre kiskeyenne, parviendra indubitablement à la conclusion que l’Haïtien est habité par une « force divine », toujours à l’état brut, qu’il lui suffira de contrôler, maîtriser, pour se construire et construire son pays.

En pleine crise sociétale marquée par une insécurité généralisée, où le kidnapping est en passe de devenir fait social, Haïti a célébré la Noël. 24 décembre, la tradition a repris ses droits sur la peur qui, depuis quelques temps, fait corps avec les esprits. Un peu partout à travers les rues de Port-au-Prince et ses environs, les embouteillages montres étaient au rendez-vous ; jeunes, moins jeunes et adultes ont fait la queue dans les magasins et supermarchés ; des réveillons ont eu lieu…, le Père Noël a visité certains enfants.

En Haïti, l’envie de vivre, de bien vivre, de mieux vivre, est à la fois audible et tangible. Paradoxalement, il n’y a que ceux qui sont aux fonctions de commandement qui ne le voient ni ne l’entendent. Occupés à faire autre chose que diriger, ceux qui portent le titre de « dirigeant » ne subodorent même pas la tangibilité de l’envie des jeunes d’apprendre, de comprendre et de travailler pour réaliser leur être. Ils ne prévoient même pas que ce peuple, qui donne en tout ou presque l’impression d’un grand besoin d’être assisté, prendra, le moment venu, toutes ses responsabilités et renversera la vapeur. S’ils dirigeaient vraiment, ils l’auraient prévu certainement. Par mille et une façons, dans la réalisation de certains Arts comme dans l’appropriation à bien des égards des sciences et techniques, l’Haïtien exprime la soif inextinguible de se dépasser, mais les élites détournées de leur vocation ne saisissent jamais la balle au bond, d’où aucun encadrement. Si le courage est vraiment, comme l’a dit Churchill, la vertu qui rend possible toutes les autres, il faut croiser les doigts qu’un jour par son courage de vivre à toute épreuve, l’Haïtien revendiquera et luttera, jusqu’à la dernière goutte de son sang, pour son droit de vivre, de bien vivre et de mieux vivre.

GeorGes E. Allen 

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