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Politique en Haïti : la méfiance à deux vitesses

Politiquement, la confusion n’a jamais été aussi intense dans le pays. Personne ne sait en qui avoir confiance. Chacun brandit les intérêts d’Haïti comme motif de ses actions en amont, pour révéler en avale son vrai plan. Entre les acteurs de la communauté internationale qui manœuvrent dans le sens de leurs intérêts en enchainant stratagème sur stratagème et les locaux qui tirent leur épingle du jeu au profit de leur clan, c’est le bordel absolu sur le plan politique. Ce qui donne lieu à des cas de tromperie et de trahison récurrents. uand cette dernière s’invite le doute n’est jamais loin et à son tour il amène la méfiance. Même si l’univers de la politique n’admet pas la confiance aveugle, mais un minimum de crédit est quand même nécessaire pour mettre en place un climat consensuel. Dans notre réalité, c’est la méfiance qui prend toute la place. 

L’histoire politique d’Haïti est truffée de segments de trahison et de tromperie, mais le record en la matière est détenu par des contemporains nationaux. En l’occurrence, le Secteur Démocratique et Populaire a orchestré l’une des pires sinon la pire supercherie politique qu’il a été donné de vivre au pays. Pas besoin d’argumenter trop longuement sur les justificatifs d’un tel record ; même si c’aurait été possible, il suffit de considérer l’étendue des dégâts du coup du SDP sur l’inconscient collectif.

Le réflexe naturel de toute personne qui a été trahie une fois c’est de se méfier la prochaine fois. « Chat  échaudé craint l’eau froide », dit-on. Difficile d’en vouloir à un tel chat. Dans la réalité des choses en Haïti actuellement ce chat représente d’une part la population qui s’est fait berner par le SDP, et de l’autre une certaine moitié de la classe politique qui constituait l’opposition avec le SDP. Le « coup de pute » est d’autant plus sûr pour cette seconde victime qu’elle était plus proche du traitre. Maintenant le résultat est que les acteurs politiques entre eux ne se font plus confiance, tout le monde surveille tout le monde. Ce qui réduit encore plus qu’avant les chances de constituer un bloc quasiment homogène et compact qui pourrait défendre efficacement les intérêts du peuple. De surcroit, la population de son coté n’a plus que jamais aucune confiance dans ni l’un ni l’autre parmi les acteurs.

Cet acte du SDP est le coup de grâce infligé à la classe politique traditionnelle haïtienne qui était déjà à genou. Difficile désormais de monter une opposition crédible et unitaire. Il est presqu’impossible de mobiliser la population qui ne voudra plus jamais se faire avoir comme un bleu. A l’heure où l’on parle de l’urgence de débarrasser le pays d’Ariel  Henry, d’aucuns sont en droit de se demander comment, sachant qu’aucune mobilisation de rue à l’initiative des politiques n’est faisable dans l’état actuel des faits. 

Kensley Marcel 

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