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La diaspora haïtienne au chevet du football haïtien

Haïti vit de sa diaspora qui intègre de jour en jour toutes les sphères de la vie nationale. Loin des yeux près du cœur, les communautés haïtiennes en terre étrangère se sont taillé une place prépondérante dans la vie sociale du pays. Le poids de leur présence se fait sentir sur les terrains de jeu. Le football haïtien vit depuis des lustres des Haïtiens hors du terroir, qui collectent des fonds pour garder en vie les clubs de leur localité d’origine. La diaspora se révèle indispensable pour ce secteur. 

Il est un fait indéniable que les Haïtiens d’ailleurs contribuent à hauteur de plusieurs milliers de dollars pour faire augmenter le PIB national. Leurs fonds servent à payer les frais scolaires, le loyer, entretenir les ménages etc. Souvent, on reproche à la diaspora son manque d’initiative collective. Vraisemblablement, on oublie le football pour lequel les Haïtiens de l’étranger se mettent ensemble en formant des comités ayant pour mission de venir en aide aux clubs.   

Le football en Haïti s’articule autour des clubs. Ces derniers comptent dans leurs rangs des joueurs, un staff technique, un masseur et bien d’autres personnes qu’il faut payer régulièrement. Les équipes de football sont toujours en proie à de sérieuses dettes ; les moyens financiers leur font toujours défaut, bien qu’elles soient pour la plupart soutenues par des compatriotes d’outre-mer. Certaines équipes pour répondre à leurs obligations envers leurs contractuels se tournent vers leurs fans haïtiens vivant à l’étranger, qui mettent sur pied des comités à cet effet.   

A titre d’exemple, une équipe comme le Valencia de Léogâne compte énormément sur son comité de la diaspora qui travaille étroitement avec le comité local reconnu par la Fédération Haïtienne de Football (FHF). Le comité de la diaspora consent toujours des débours pour l’achat de matériels, le transfert des joueurs, les frais d’entraînement, le payroll des joueurs etc. Cerise sur le gâteau ! Le président du Cavaly de Léogâne est membre de cette diaspora qui ne se contente pas seulement de faire fructifier les équipes, mais occupe des postes de direction.  

L’intervention de la diaspora dans le football est colossale. Les Léoganais aux États-Unis, en France ou au Canada, fans du Cavaly  s’organisent entre eux pour soutenir leur club. Idem pour le Valencia et plusieurs autres clubs du pays. L’argent recueilli par le comité de la diaspora est transféré en Haïti au comité local pour répondre aux besoins du club. L’existence des clubs de football en grande partie dépend des filles et fils d’Haïti évoluant en terre étrangère, même si les recettes ne suffisent pas à faire les faire fonctionner à merveille. Toutefois, les donateurs locaux se font de plus en plus rares, les fans sont dépourvus, la plupart d’entre eux ne travaillent pas. L’intérêt que porte la diaspora pour le football se concrétise dans son implication dans la vie des clubs de football. Elle fait du sport-roi un enjeu majeur auquel elle contribue sans demi-mesure ; mais surtout elle développe sa capacité à coopérer avec les Haïtiens du pays. Le rapport que développe la diaspora avec les dirigeants de club de football est la preuve de l’intérêt sans faille des Haïtiens vivant à l’étranger envers leur communauté respective et surtout envers leur pays. Mieux que l’État, mieux que le secteur privé, les membres de la diaspora participent à maintenir en vie les clubs de football en Haïti.

Ricot Saintil

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