Cette semaine, sur les ondes d’une radio, un membre du CPT a cru bon d’affirmer, sans trembler : « Il n’y a pas meilleur que le CPT pour gérer les crises que connaît ce pays. »
Une déclaration qui frôle l’insulte nationale.
Un aveu d’aveuglement.
Une provocation de plus dans un pays déjà à bout de nerfs.
Car il faut une audace presque indécente pour se proclamer solution quand on est devenu le problème. Il faut un cynisme achevé pour parler de gestion de crise alors que l’État est en ruines, que l’autorité est dissoute et que les gangs circulent librement, armés et organisés, en plein jour, comme s’ils détenaient une délégation officielle du chaos.
Le bilan du CPT ? Une succession de défaites empilées avec méthode. Chaque jour sous leur gouvernance est une concession offerte à l’insécurité. Chaque silence est une victoire pour les bandits. Chaque promesse non tenue est une gifle au peuple.
Et pourtant, les discours continuent.
Les ultimatums pleuvent.
Les échéances sont annoncées.
Avant le 07 février, dit-on, les routes nationales seront récupérées. Toujours ces routes, occupées par les esclaves d’un système qu’ils ont eux-mêmes nourri, toléré, renforcé. Ces routes, devenues des frontières internes, témoignent surtout de l’effondrement des fonctions régaliennes de l’État.
Sous pression, le gouvernement de facto prétend maintenant vouloir travailler pour le pays. Mais qu’on ne s’y trompe pas : ce n’est pas l’amour de la patrie qui les anime, c’est la peur de perdre le fauteuil. Ils ne veulent pas quitter leurs postes, non par sens du devoir, mais parce que le pouvoir est la seule chose qui leur donne encore une illusion d’existence
Ils ne connaissent que cela
Ils ne respirent que cela.
Ils ne vivent que par cela.
Le pouvoir comme refuge.
Le pouvoir comme masque.
Le pouvoir comme substitut à une humanité depuis longtemps égarée.
Pendant ce temps, le pays s’enfonce. Les institutions se vident, les lois sont bafouées, l’État regarde ailleurs pendant que la violence s’installe comme une administration parallèle. Le CPT gouverne par la parole, les gangs gouvernent par la terreur. Et entre les deux, le peuple encaisse.
Mais Haïti n’est pas morte.
Malgré la trahison, malgré l’abandon, malgré l’humiliation quotidienne, des fils et des filles de ce pays refusent de renoncer. Ils rêvent d’une Haïti où les institutions marchent, où les fonctions régaliennes de l’État sont respectées, assumées, exercées avec autorité et justice. Une Haïti où la sécurité n’est pas une faveur, mais un droit.
Ce peuple est debout, même blessé.
Résistant, même épuisé.
Espérant, même trahi.
L’espoir n’est pas dans ceux qui s’accrochent au pouvoir.
Il est dans ceux qui veulent le rendre au service du bien commun.
Et tôt ou tard, l’histoire fera la différence.
Isha, fille d’Haïti
12 janvier 2026


