La pauvreté en Haïti reste l’un des défis majeurs pour les autorités. Malgré les efforts nationaux et internationaux, une large partie de la population ne dispose pas de ressources suffisantes pour couvrir ses besoins essentiels. Des rapports récents estiment qu’environ 48,7 % des Haïtiens vivaient avec moins de trois dollars américains par jour en 2025, contre 42,2 % en 2021, ce qui traduit une détérioration progressive de la situation économique.
Cette réalité s’inscrit dans une conjoncture économique et politique fragile, marquée par la violence, l’instabilité institutionnelle et une croissance limitée. Des observateurs indiquent que la situation pourrait encore se détériorer si les conditions actuelles persistent.
Depuis 2019, l’économie haïtienne connaît une contraction prolongée. Le produit intérieur brut réel par habitant a reculé de 12,3 % entre 2012 et 2024, traduisant une perte de revenu significative pour de nombreux ménages. Cette baisse a réduit la capacité d’achat et intensifié la précarité.
La consommation des ménages, habituellement moteur de l’économie, s’est affaiblie. Les familles disposent de moins de moyens qu’il y a quelques années, aggravant le cycle de pauvreté et fragilisant les capacités d’investissement, d’éducation et de santé.
En 2025, l’inflation a dépassé 30 %, avec une forte pression sur les prix des denrées alimentaires et des biens essentiels. Les données disponibles montrent que cette hausse réduit encore le pouvoir d’achat des ménages vulnérables, qui consacrent une part disproportionnée de leurs revenus à l’alimentation.
La pauvreté n’est pas répartie uniformément. Les zones rurales affichent des taux beaucoup plus élevés que les zones urbaines. Dans ces régions, la majorité des familles dépend de l’agriculture de subsistance, mais l’insécurité et les perturbations économiques réduisent la production et accentuent la vulnérabilité.
La crise alimentaire constitue une dimension critique. Des évaluations signalent que la violence des gangs, l’effondrement des chaînes d’approvisionnement et l’insécurité généralisée exposent des millions de personnes à une insécurité alimentaire aiguë. Certaines études suggèrent que plus de la moitié de la population souffre d’insécurité grave, avec un risque accru de malnutrition.
Le ralentissement économique et la violence renforcent un climat d’incertitude qui freine les investissements, l’emploi et les perspectives de croissance durable. Le chômage reste élevé et une large part de la population active travaille dans le secteur informel, souvent sans protection sociale ni revenus stables.
Malgré l’aide internationale et les programmes de soutien, des institutions rappellent que l’absence d’une stratégie de développement cohérente et la persistance des crises limitent la capacité d’Haïti à réduire significativement la pauvreté, même à court terme.
Redaction Journal la Diaspora

