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Football : Reconduction du comité de normalisation. Pourquoi faire ?

Cette nouvelle est tombée comme une bombe dans le paysage du football national haïtien. En effet, en dépit de l’impuissance des membres du Comité de normalisation à redorer le blason du football en Haïti, l’instance suprême, FIFA, a publié récemment une correspondance dans laquelle elle annonce la prolongation du mandat de cette structure pour une année. En plus de cette décision, la FIFA a nommé un nouveau Président pour prendre les commandes du Comité de normalisation. Il s’agit de Luis Hernandez Heres, 73 ans, Président de la Fédération Cubaine de football.

Afin de justifier la décision de renouveler de mandat du Comité, l’instance responsable du football a soutenu que cette structure avait collaboré étroitement avec la société d’audit indépendante concernant l’application des recommandations relatives aux aspects administratifs de la Fédération Haïtienne de Football (FHF). De plus, le Comité de normalisation avait nommé un responsable de la prévention en faveur des enfants, question de mettre en place des mesures visant à éviter tout incident potentiel dans ce domaine à l’avenir. Le Bureau a par ailleurs observé l’engagement de la FHF et du Comité de normalisation à coopérer avec le département Éthique de la FIFA dans les enquêtes en cours concernant des cas présumés de violence sexuelle dans les locaux de la Fédération.

Certes, la FIFA a mentionné des aspects importants qui motivent sa décision, mais elle néglige le fait que le Comité de normalisation ait échoué dans la mission qui lui avait confiée en novembre 2020, à savoir : gérer les affaires courantes de la FHF, réviser les statuts de la Fédération Haïtienne de Football, organiser l’élection d’un nouveau comité exécutif et enfin assurer une bonne transition des questions financières avec le nouveau comité exécutif de la FHF. 

Nul besoin de faire trop d’efforts pour constater que Monique André et Yvon Sévère ont été dans l’incapacité la plus totale de relever ce défi. Car, depuis environ deux (2) ans de règne de ce comité de normalisation, le football en Haïti est dans un état morbide. À l’image du pays, ce secteur est au bord de l’abîme. Cette descente aux enfers a été enclenchée depuis plusieurs décennies, mais elle a atteint sa vitesse maximale ces deux dernières années.

Les problèmes du football haïtien sont encore réels : les championnats nationaux sont à l’arrêt, pas de vraie politique pour améliorer le sport-roi, les infrastructures sont archaïques, la situation économique difficile des clubs persiste, les joueurs sont plongés dans un chômage déguisé, les jeunes talents ne sont pas encadrés… Si on arrive à parler encore de football en Haïti c’est grâce aux sélections nationales. Ces dernières elles aussi sont victimes de l’état de délabrement de ce secteur. Devant l’ensemble de ces problèmes soulignés, Monique André et son équipe étaient totalement impuissantes.

Alors qu’on pensait que le temps serait venu pour que la FIFA prenne une décision importante pour l’avenir du football haïtien, elle a de préférence décidé de reconduire un Comité de normalisation très contesté dans le pays. Si l’instance mère du football souhaite vraiment aider Haïti à avancer dans ce domaine, il est impératif qu’elle prenne à cœur à la situation de la Fédération Haïtienne de Football. Dans le cas contraire, Haïti sera devancée par presque tous les pays affiliés à la FIFA à l’ère de la modernisation du football.

Jean Kenson CARRIES

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