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Haïti, maladroite dans sa valse avec les risques sismiques

La faille dans le Nord du pays cumule de l’énergie depuis plus de 170 ans, selon l’ingénieur-géologue Claude Preptit. Une déclaration parmi d’autres qu’il fait publiquement à ce sujet depuis onze (11) ans en Haïti et à chaque fois cela sonne, non seulement comme une invitation à se tenir prêt à tous les niveaux, mais aussi à prévenir les dégâts. On a presque l’impression qu’il prêche un peu dans le désert tant le laxisme des autorités croît au rythme des alertes lancées en ce sens. Qu’il s’agisse de « l’éducation sismique » de la population, ou de la mise à jour des règles en matière d’urbanisation et de construction, aucun, sinon très peu d’efforts de proactivité ont été constatés. Ce qui laisse penser, à juste titre, que les dégâts pourraient être pires à chaque fois que la République subit un nouveau tremblement de terre.

Depuis 1842, Haïti flirte officiellement avec les risques sismiques. Cette année-là la ville du Cap-Haïtien a été dévastée et près de 50% de la population a été tuée, rapporte-t-on. En dehors des très rares secousses de faible magnitude, le pays a connu un grand intervalle d’exactement cent soixante-huit (168) ans sans avoir enregistré des pertes en vies humaines et des dégâts matériels liés au tremblement. On peut constater maintenant que ce cycle de calme sismique a été rompu le 12 janvier 2010, les secousses insignifiantes se font de plus en plus fréquentes. Inquiétant ! Ce qui l’est plus encore c’est que dans le laps compris entre 2010 et 2021 on a déjà compté trois (3) séismes meurtriers. 12 janvier 2010 (magnitude 7.3) des centaines de milliers de morts dans tout le pays, 6 octobre 2018 (magnitude 5.9), plus d’une dizaine de morts dans le Nord-ouest, et le 14 aout 2021 dans le grand Sud (magnitude 7.2), deux semaines plus tard le bilan de 2200 morts n’était pas encore définitif.

Ce qu’il faudrait que la population comprenne c’est que le pays est définitivement dans une espèce d’étreinte continue avec les risques sismiques, mais on n’a pas vraiment le sentiment qu’elle veuille bien intégrer cette réalité. En témoigne le fait que les gens continuent de construire n’importe où et de manière anarchique. Les autorités non plus n’ont pas encore, semble-t-il, intégré cet état de fait ; c’est ce que le peu de mesures y relatives laissent comprendre malheureusement. Chaque jour on constate les évidences liées au manque de préparation des structures nationales de gestion de désastre. Avec plus de tremblements de terre dévastateurs en onze (11) ans qu’en cent soixante-huit (168) ans, la nature parait pourtant sans équivoque à ce sujet.

Kensley Marcel

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