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La fête de l’Indépendance, le carnaval 2023 : les défis les plus proches qui attendent Ariel Henry

La prestation de serment du nouveau Président de la Cour de Cassation, le juge Jean Joseph Lebrun, et le contexte de la 22ème édition de la Coupe du Monde de football au Qatar augurent un ciel sans nuage pour le Premier ministre de facto, Ariel Henry. Cependant, il pourrait être rattrapé par des troubles sociopolitiques durant les fêtes de fin d’année et lors des festivités carnavalesques de 2023. Le spectre des éditions du carnaval national boycottées, annulées ou censurées doit encore hanter l’esprit des membres du gouvernement de facto à l’approche de la version 2023 des festivités à tenir dans moins de 4 mois. À Port-au-Prince, à cause de la pandémie de Covid-19, l’organisation du carnaval national a été mise à rude épreuve en raison de la récupération politique faite de l’évènement. 

En février 2020, l’administration du feu Président Jovenel Moïse était à deux doigts de réussir le pari quand la veille, les policiers de « Fantom 509 » sont violemment intervenus sur le site du Champ-de-Mars. Des stands prêts à accueillir les carnavaliers étaient partis en fumée. Des installations de médias ont failli payer le prix du courroux des ‘’agents de l’ordre’’ dans un contexte social et politique polarisé, caractérisé par des rébellions au sein de la Police Nationale d’Haïti (PNH). L’édition du carnaval 2020 a dû être annulée. Des fonds ont été mobilisés, un comité d’organisation des festivités carnavalesques a été nommé. Cependant, pour l’exercice de reddition de comptes après cette catastrophe, c’était la bouteille à l’encre. Le bilan des dégâts et les fonds engagés par l’État dans une tentative de transparence n’a jamais pu être mis au grand jour. Et le reste était anecdotique. Le chef du gouvernement d’alors, Jean-Michel Lapin, est parti avec le rapport du carnaval avorté. 

En 2022, à la veille, le pouvoir de facto qui surfe sur la vague du Mondial de football et de la mobilisation populaire en berne, doit pouvoir se conforter à l’idée de réussir là où le Chef de l’État Jovenel Moïse avait échoué. En 2021, pour masquer la honte, l’administration du poulain de l’ancien Président Joseph Michel Martelly s’est résolue à organiser le carnaval national à Port-de-Paix. Un fiasco pour les détracteurs du pouvoir, un défi relevé pour les sympathisants du régime. L’ombre des défis d’honorer la mémoire des héros de l’Indépendance aux Gonaïves plane encore à moins de deux mois du 1er Janvier 2023. Dans le Cité de l’Indépendance, le 1er Janvier 2022, Ariel Henry et son équipe ont peiné à assisté au Te Deum à la Cathédrale du Souvenir. À la sortie de l’Église, après la messe, l’assistance a dû précipitamment vider les lieux sous des détonations. 

Au lendemain, le Gouvernement a brandi la thèse de tentative d’assassinat sur le locataire de la Primature et son équipe. Pour l’heure, il est prudent d’évoquer un terrain dégagé, un contexte différent. Il est vrai que certains des adversaires politiques du neurochirurgien sont frappés de sanctions internationales, cependant, le pouvoir central doit devoir marcher sur des œufs en envisageant de manifester sa présence aux Gonaïves en janvier 2023.  

Hervé Noël 

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