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Mieux canaliser nos énergies pour mieux réussir ensemble

Dimanche 28 février 2021. Plusieurs milliers de citoyens sont descendus dans les rues de Port-au-Prince pour dire NON à ce qu’ils appellent « la dictature ». C’est légitime ! D’ailleurs, la Constitution de 1987 en son article 31 garantit la liberté d’association et de réunion sans armes à des fins politiques, économiques, sociales, culturelles ou à toutes autres fins pacifiques.

Les mauvaises langues disent que la grande majorité des participants à cette « grande marche » ont été monnayés et que de grands débours ont été consentis par des « tenants du système » qui veulent à tout prix chambarder le pouvoir en place. Qu’importe ! Parvenir à motiver autant de citoyens, quels que soient les moyens utilisés, c’est la preuve par mille que la société haïtienne est traversée par un malaise profond. C’est la preuve tangible que des attentes ne sont pas comblées. C’est la preuve irréfragable que des vides demeurent béants, que des soifs restent inassouvies… En fait, on ne se laisse manipuler que par besoin ou par nécessité. Celui qui trompe trouvera toujours celui qui se laisse tromper, dit-on.

Aujourd’hui, la nécessité où nous sommes de sauver Haïti nous oblige à donner une meilleure canalisation à nos ressources physiques, mentales, intellectuelles, spirituelles, économiques, politiques… Grosso modo, il nous faut arrêter de travailler à l’effondrement progressif politique et moral du pays. Ce serait une belle et bonne chose de voir les religieux de tout bord, catholiques, protestants, vodouisants, se rallier  aux hommes politiques, ceux au pouvoir comme ceux aux abords du pouvoir, dans une grande « manifestation de reconstruction collective d’Haïti ».

Alors que le phénomène du kidnapping tend à miner jusqu’à l’os notre société en s’y installant quotidiennement de manière insidieuse, nous préférons nous lancer dans la « dénonciation partielle et ponctuelle » du fléau. Alors que notre personnel politique est à renouveler, nous nous amusons à bouder le processus électoral enclenché. Alors que notre Constitution, unanimement reconnue comme source d’instabilités, est à changer, nous tournons allègrement le dos au référendum annoncé plutôt que de s’y impliquer pour corriger les failles réelles ou supposées.

Nous nous opposons à tout. Nous ne nous entendons pas sur le strict minimum. D’où, nos énergies sont mal canalisées. C’est le tiraillement ! Les principes élémentaires nécessaires à la construction d’une société juste et équitable n’ont pas leur adresse en Haïti. Dure vérité ! Dans ce corps social déchiré à dessein, on ne dira jamais assez que la barque d’Haïti ne peut être menée que selon l’ordre du Bien commun dont la fin est une vie heureuse pour le plus grand nombre. Aujourd’hui plus qu’hier, il nous faut mieux canaliser nos énergies pour mieux réussir ensemble. De ce point de vue, le « Dialogue » reste et demeure la « pénicilline naturelle » pour guérir les maux de l’âme haïtienne.   

Junior Moschino

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