lundi, novembre 29L'information d'un bout à l'autre

Qui dit pays instable dit pays pauvre

Dans certains cas, la pauvreté rend les pays instables politiquement alors que dans d’autres circonstances l’instabilité politique engendre la pauvreté. En fait, le développement économique et la stabilité politique sont fortement interconnectés. L’incertitude associée à un environnement politique instable peut réduire l’investissement et le rythme des performances économiques. Le déséquilibre économique et la pauvreté, de la même façon, peuvent conduire à l’effondrement du gouvernement, des troubles politiques et l’incertitude.

Robert Barro (1991) constate que les situations de troubles, l’apparition de la violence, les coups d’Etat affectent de manière significative la croissance économique sur un large échantillon de pays. D’autres études ont démontré l’impact de l’instabilité politique sur l’inflation (Cukierman, Edwards et Tabellini (1992)), ainsi que sur les emprunts extérieurs (Tabellini (1991)).

En République Dominicaine, on a bien compris cette corrélation. A preuve, en septembre 2014, le ministre des Finances de la République voisine, en marge d’un forum international sur les investissements étrangers, a admis que le succès socio-économique de son pays en termes de croissance du PIB, l’amélioration des conditions de vie et le niveau élevé d’investissement sont principalement tributaires d’une stabilité politique ininterrompue pendant les cinquante dernières années.

« IL EST DE TOUTE ÉVIDENCE QUE CES SITUATIONS D’INSTABILITÉ ET D’INCERTITUDE POLITIQUE DÉTRUISENT LA CONFIANCE DES ENTREPRISES LOCALES ET ÉTRANGÈRES »

A l’inverse, depuis des années, Haïti est caractérisée par une instabilité chronique dont les conséquences sont désastreuses sur l’économie nationale. Le PIB d’Haïti est aujourd’hui sept (7) fois inférieur à celui de la République Dominicaine dont le niveau était similaire dans les années 50. Notre voisin a opté pour les réformes en profondeur, la stabilité, les mécanismes démocratiques et la bonne gouvernance. Nous autres, nous avons choisi les coups d’Etat comme méthode privilégiée de prise de pouvoir, les élections « pike kole » comme mode d’organisation démocratique, les arrangements politico-constitutionnels comme alternative à une constitution inadaptée et bafouée, les mouvements violents et le non-respect systématique des institutions comme stratégie d’intégration politique.

Comment s’attendre à un pays économiquement performant si on change de Gouvernement comme on change de chemise? L’Etat, n’est-il pas créateur de sa propre instabilité, de sa parfaite discontinuité et de ses contre-performances ?

Il est de toute évidence que ces situations d’instabilité et d’incertitude politique détruisent la confiance des entreprises locales et étrangères. Quand ces dernières n’ont pas la confiance dans la situation et dans l’avenir, elles investissent peu, elles se délocalisent, elles recrutent moins de gens et voient leurs conditions de prêts au niveau des institutions financières devenir plus difficiles.

L’instabilité crée des conditions nécessaires pour la mauvaise performance économique des entreprises, de l’Etat aussi bien que du ménage. En somme, l’instabilité remplit les conditions pour la production et la reproduction de la pauvreté. L’instabilité nous laisse dans l’improvisation et développe chez nous le sens des réponses ponctuelles et superficielles. Dis-moi qu’un pays est dans une situation d’instabilité politique permanente, je te dirai qu’il est pauvre. Haïti en est un exemple.

La Rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *