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Haïti : Quelque chose doit être fait !

Le Conseil de sécurité des Nations Unies (ONU) a accepté à l’unanimité des États-membres de prolonger la mission du BINUH d’un an avec la même participation passive qui ne contribue en aucun cas à atténuer la situation de violence, de pauvreté et d’anarchie institutionnelle dans laquelle est plongée Haïti.

La seule différence contenue dans le document rédigé par les États-Unis et le Mexique en ce qui concerne les autres extensions de la mission de l’ONU dans le pays, consiste en la formation d’une unité de police composée de seulement 42 membres. Tout le reste se limite à la littérature énonciative ou à la déclaration d’intention dans laquelle les personnes impliquées en Haïti sont invitées à travailler à la tenue d’élections présidentielles et législatives dès que possible. Sans la moindre expression de volonté politique de contribuer à la résolution de la crise haïtienne multidimensionnelle et multiforme, le Conseil de sécurité de l’ONU se limite à une simple exhortation à cesser la violence et à freiner l’approvisionnement en armes.

Plusieurs organisations de la société civile haïtienne ont, dans un document adressé la veille, fait part aux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU de certains griefs, et surtout de dénoncer l’action jugée inefficace du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH). Les États-Unis et le Mexique, qui avaient  la responsabilité de rédiger la résolution, n’ont pas apporté les modifications nécessaires au document.

La  Chine, de son côté, n’a pas non plus réussi à imposer le lancement de consultations sur l’envoi en Haïti d’une force de police régionale afin de pacifier le pays. Selon des analystes, cette énième mission a déjà échoué. Ils voient très mal comment 42 civils non armés parviendraient à désarmer plus de 200 gangs répertoriés sur le territoire national. Seule une force militaire puissante, pensent-ils, peut écrabouiller ces bandits qui troublent nuit et jour le sommeil de paisibles citoyens.  

L’augmentation soudaine de la violence des gangs n’est pas une raison pour renouveler une mission qui n’a rien fait pour empêcher la prolifération des bandes criminelles, avancent-ils. Il ne fait aucun doute que les Nations Unies ont jeté un seau d’eau glacée sur Haïti qui s’attendait à une aide substantielle de la communauté internationale en vue d’une assistance économique, logistique et technique pour faire face aux groupes armés, organiser des élections et revenir à la normalité constitutionnelle.

L’ONU devrait évaluer le danger posé par la détérioration accélérée du pays, dont une grande partie du territoire est prise en otage par des bandes armées, ce qui provoque de graves crises économiques, politiques et institutionnelles se traduisant par une immigration débordante et incontrôlable. Il faut faire quelque chose… et bientôt !

Yves Manuel

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