samedi, août 30

Le cadre de l’accord

Erik Prince, fondateur de la firme de sécurité privée anciennement connue sous le nom de Blackwater, affirme avoir signé un contrat de dix ans avec le gouvernement haïtien via sa société Vectus Global. Le mandat : combattre les gangs armés et, une fois la situation sécuritaire stabilisée, mettre en place un système de collecte des taxes à la frontière avec la République dominicaine

Les ambitions opérationnelles

D’après l’interview accordée à Reuters, Prince prévoit de reprendre le contrôle des routes stratégiquesnotamment l’axe Port‑au‑Prince / Cap‑Haïtien environ un an après le déploiement initial de ses forces.

Depuis mars 2025, Vectus Global est déjà active sur le terrain, notamment avec l’emploi de drones en coordination avec une task force menée par le Premier ministre . À terme, l’opération devrait mobiliser plusieurs centaines de combattants venus des États-Unis, d’Europe et du Salvador, spécialisés en renseignement, sniper, communications, ainsi qu’un soutien aérien (hélicoptères) et maritime (bateaux) .

Une phase fiscale programmée

Une fois la stabilité restaurée, Vectus Global participera à la conception et mise en œuvre d’un programme de taxation des marchandises importées via la frontière dominicaine une source vitale pour Haïti, souvent coupée de revenus en raison du contrôle des gangs sur les routes commerciales .

Silence et réserves

Les autorités haïtiennes n’ont pas commenté publiquement cet accord — ni Laurent Saint-Cyr, président du Conseil de transition, ni ses prédécesseurs . Le gouvernement américain, de son côté, déclare qu’il n’a ni financé ni supervisé ce contrat avec Prince .

Critiques et inquiétudes

Des observateurs et défenseurs des droits humains s’alarment de cette démarche. Ils pointent du doigt :

  • Le risque d’affaiblissement des institutions nationales, en plaçant la sécurité entre les mains d’une société privée étrangère .
  • Les antécédents d’échecs de firmes similaires en Haïti, frappées par les liens entre gangs et forces locales, voire des enquêtes pour violations .
  • Une mise en danger potentielle des droits humains, selon Gédéon Jean, expert haïtien, et Romain Le Cour, chercheur à Genève .

En résumé

  • Contrat de 10 ans conclu entre Haïti et Vectus Global (Eric Prince) ;
  • Objectifs : combattre les gangs, sécuriser les routes, puis établir un système fiscal frontalier ;
  • Déploiement en cours avec drones, hélicoptères, snipers et forces étrangères ;
  • Accord diplomatiquement discret, sans validation publique des autorités haïtiennes ;
  • Critiques fortes d’experts sur les conséquences institutionnelles et humaines d’une telle mission privée.

Ce dossier révèle une stratégie inédite, mais suscite de nombreuses interrogations sur son efficacité à long terme et ses implications pour la souveraineté d’Haïti.

Share.
© 2025 Journal la Diaspora. Designed by Media Innovation.
Exit mobile version