Le Groupe de Réflexion sur Haïti (GRH) a réuni, le dimanche 11 janvier, plus d’une centaine de participants, dont de nombreux membres de la diaspora, lors d’une rencontre tenue sur Zoom. Les échanges ont porté sur le document intitulé « Proposition pour une transition réussie en Haïti » visant la mise en place d’un pouvoir bicéphale avec un juge issu de la Cour de Cassation comme président.
Ce texte propose la mise en place pour une période de deux ans d’un gouvernement de 11 membres — 10 ministres et un Premier ministre — composé de technocrates, experts du pays et de la diaspora, qui ne pourront pas se porter candidats aux élections. Cette initiative vise à remplacer le Conseil présidentiel de transition à l’approche de l’échéance du 7 février 2026.
Selon le GRH, cette nouvelle transition devra réussir là où le Conseil présidentiel de transition a échoué. Son mandat porterait notamment sur la gestion des urgences nationales telles que la sécurité, la relance économique, le contrôle des frontières et la réforme de la diplomatie. Il inclut également l’organisation d’une conférence nationale ainsi que la préparation des élections municipales durant la première année, puis des élections législatives et présidentielles au cours de la deuxième année.
En parallèle de ce gouvernement de transition, le Groupe de Réflexion sur Haïti prévoit la création d’un Conseil des sages composé de sept personnalités d’Haïti et de la diaspora reconnues pour leur intégrité et leur bonne réputation. Ce conseil aurait pour mission d’aider au choix du Premier ministre et de superviser l’action de l’État. Enfin, la proposition prévoit la mise en place d’un comité international de suivi de trois membres chargé d’un rôle d’observation et d’accompagnement, avec un appui financier transparent.
La GSH affirme dans sa proposition une exigence de transparence totale fondée sur un portail public donnant un accès en temps réel à tous les contrats passés par le gouvernement, des audits réguliers nationaux et internationaux et la supervision des comptes par une institution financière internationale. Elle prévoit également des contrôles semestriels avec alertes en cas d’écart majeur, ainsi que des sanctions immédiates allant de la révocation rapide à l’inéligibilité à vie et aux poursuites judiciaires pour corruption avérée.
Pendant ces deux ans, les porteurs de cette proposition, incluant les membres de la diaspora, consacrent la première année aux travaux du régime, au rétablissement de la sécurité, à la relance économique et aux élections des collectivités territoriales. La deuxième année sera consacrée à la préparation technique des élections législatives et présidentielles, puis au transfert du pouvoir aux élus issus des joutes électorales.
Selon les responsables, cette proposition cherche à rendre Haïti à ses enfants sur une base de plus grande viabilité et d’espoir dans le futur. Toutefois, ils reconnaissent que cette proposition n’offre pas de solution parfaite, mais présente une voie crédible et réaliste pour éviter l’effondrement total et favoriser la relance du pays.
Ce dimanche, les discussions ont fait ressortir certaines préoccupations que le document semble ne pas prendre en compte. Des structures telles que Caribbean Heritage Collective, RED, le Forum haïtien pour la paix et le développement durable (FOHPDD), EGS, le Mouvement d’appui à la paysannerie (MAP) et la Federation of the Diaspora for a New Haiti ont notamment soulevé la question des mécanismes de mise en œuvre de cette proposition, qui a fait l’objet de débats.
En outre, l’impératif d’organiser la conférence nationale avant toute élection a également été discuté, tout comme la réforme constitutionnelle et le changement du système politique et de gouvernance.
Cependant, la gestion du temps pour mettre en œuvre cette proposition et identifier les personnes intègres capables de mener cette nouvelle transition reste une source de préoccupation pour plusieurs intervenants lors des échanges.
Redaction: Journal La Diaspora


