jeudi, janvier 15

La proposition de Monseigneur Pierre André Dumas de s’ériger en médiateur n’a pas fait l’unanimité au sein de la classe politique haïtienne. Jean Henry Céant, ancien Premier ministre, a choisi d’y répondre par une lettre datée du 11 janvier 2026, dans laquelle il remet en question la légitimité de l’évêque à mener lui-même cette initiative.

Dans son intervention, Céant ne se limite pas à refuser une médiation particulière. Il pose un débat plus large sur la capacité d’un acteur religieux à intervenir dans un processus politique de sortie de crise lorsqu’il a déjà pris des positions publiques controversées.

L’ancien chef du gouvernement soutient que la crédibilité d’un médiateur repose autant sur sa posture actuelle que sur son passé récent. À ses yeux, certaines déclarations et engagements antérieurs de l’évêque empêchent toute perception d’impartialité.

Jean Henry Céant estime que la crise nationale exige des figures capables de rassurer l’ensemble des protagonistes, sans exception. Or, selon lui, une médiation qui suscite méfiance et ressentiment dès son annonce ne peut remplir cette mission.

L’ancien Premier ministre met également en garde contre l’impact institutionnel d’une telle démarche. Il considère qu’en s’exposant directement au champ politique, l’Église risque d’endosser des tensions qui dépassent son rôle spirituel.

Dans un contexte marqué par l’instabilité, les pressions extérieures et une légitimité institutionnelle fragile, Céant appelle à éviter les solutions perçues comme orientées. Il plaide pour des mécanismes de dialogue plus larges et plus distanciés des acteurs controversés.

S’adressant indirectement au Conseil présidentiel de transition, il invite ses membres à ne pas cautionner une médiation qui, selon lui, renforcerait les divisions existantes. Il estime qu’un mauvais choix aujourd’hui pourrait compromettre toute tentative future de consensus.

À travers cette lettre, Jean Henry Céant affirme enfin une vision stricte de la séparation entre responsabilité politique et autorité religieuse. Il conclut que l’apaisement national passe d’abord par la retenue, la neutralité et la reconstruction de la confiance collective.

Redaction Journal la Diaspora

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