Vingt-cinq étudiants issus de plusieurs universités haïtiennes ont pris part, le lundi 22 juin 2026, à une journée de réflexion consacrée au rôle des sciences humaines et sociales dans la reconstruction d’Haïti. Organisée autour du Guide Konbit, cette rencontre a permis d’explorer des pistes de solutions durables face aux crises multidimensionnelles que traverse le pays.
L’activité s’est tenue à la Salle des Citoyens, un espace dédié au dialogue et à l’engagement citoyen. Fidèle à l’esprit du Konbit, fondé sur la solidarité et la collaboration, ce lieu a servi de cadre à des échanges ouverts entre jeunes universitaires engagés.
Les participants provenaient de plusieurs entités de l’Université d’État d’Haïti (UEH), notamment la Faculté des Sciences Humaines, la Faculté d’Ethnologie, la Faculté de Droit et des Sciences Économiques, l’INAGHEI et l’École Nationale des Arts. Une étudiante de l’Université Quisqueya a également pris part aux discussions.
Parmi les organisateurs, Roodlynail Théagène, étudiant et membre actif de Gwoup Konbit, a contribué à la mobilisation des participants. Cette initiative témoigne de l’engagement croissant d’une jeunesse déterminée à jouer un rôle actif dans la transformation du pays.
Au centre des échanges se trouvait le Guide Konbit, présenté comme un outil inspiré des traditions haïtiennes et conçu pour promouvoir un développement communautaire inclusif. Fruit d’un travail collectif impliquant plus de 300 acteurs à travers le pays, ce guide met en avant des valeurs clés telles que la participation, la solidarité, la responsabilité, la réciprocité et la collaboration.
À travers des ateliers interactifs, les étudiants ont analysé les causes profondes de la crise haïtienne. Au-delà des enjeux politiques et sécuritaires, ils ont identifié des problèmes structurels comme les inégalités sociales, la fragilité des institutions ou encore l’absence d’un contrat social solide.
Une question a particulièrement marqué les discussions : « Que dira l’histoire de notre génération ? » Pour plusieurs participants, il ne s’agit plus seulement de comprendre les crises, mais de devenir de véritables acteurs du changement.
Les échanges ont révélé une volonté de transformer l’indignation en engagement concret. Les étudiants ont exprimé leur désir de contribuer à une Haïti plus juste, en mettant leurs connaissances au service du bien commun.
Les organisateurs ont insisté sur la nécessité de repenser le rôle de l’université. Au-delà de la transmission du savoir, elle doit aussi devenir un espace d’innovation sociale, de réflexion critique et d’engagement citoyen.
Intervenant lors de la journée, la spécialiste en éducation Dr Carole B. Joseph a encouragé les étudiants à assumer pleinement leur responsabilité dans la société. Elle a également plaidé pour le renforcement des opportunités d’éducation continue en Haïti, afin de favoriser l’inclusion et l’autonomie économique.
Face à l’intérêt suscité, d’autres ateliers similaires sont déjà envisagés. L’objectif de Gwoup Konbit est de renforcer le lien entre l’université et la société, et d’encourager une participation active des jeunes dans les débats nationaux.
Cinq étudiants ont été sélectionnés pour représenter leurs pairs lors du lancement national du Guide Konbit, prévu le 25 juin 2026 à l’Hôtel Karibe.
Cette initiative s’inscrit dans la campagne nationale « Ann Aplike Valè ak Prensip Konbit yo », qui vise à promouvoir les valeurs du Konbit à travers tout le pays. À terme, le mouvement ambitionne de mobiliser un million d’Haïtiens autour de ces principes.
Au terme de cette journée, une idée s’est imposée celle la sortie de crise en Haïti ne dépend pas uniquement des politiques publiques ou des investissements économiques. Elle repose aussi sur l’engagement des citoyens, la responsabilité des institutions et la capacité de la jeunesse à agir.
Journal La Diaspora
