jeudi, août 20

David Morens, ancien haut responsable des National Institutes of Health (NIH) et ancien conseiller du Dr Anthony Fauci, a plaidé coupable mardi devant un tribunal fédéral de Greenbelt, dans le Maryland, d’avoir participé à une conspiration visant à contourner les lois américaines sur l’accès aux documents publics et à dissimuler certaines communications gouvernementales liées à des recherches et à la pandémie de COVID-19.

Morens travaillait comme haut responsable au National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID) sous la direction d’Anthony Fauci pendant la pandémie. Il avait été inculpé en avril 2026 dans une affaire portant sur la gestion de demandes d’accès à des documents publics à partir d’avril 2020.

Selon les procureurs fédéraux, Morens et d’autres personnes anticipaient que certaines de leurs communications pourraient être réclamées dans le cadre de demandes déposées en vertu du Freedom of Information Act (FOIA), la loi américaine permettant au public d’obtenir certains documents détenus par les agences fédérales.

Pour éviter que ces échanges soient facilement accessibles, ils auraient convenu de communiquer notamment par l’intermédiaire de l’adresse courriel personnelle de Morens plutôt que de son compte gouvernemental, selon l’accusation.

Une affaire liée à une subvention sur les coronavirus

Le plaidoyer de culpabilité concerne notamment une controverse autour de la décision des NIH d’annuler une subvention de recherche portant sur les coronavirus de chauves-souris.

Le laboratoire de Wuhan, en Chine, avait reçu une partie des fonds par l’intermédiaire de l’organisation bénéficiaire de la subvention.

Selon les procureurs, Morens avait promis d’aider à faire rétablir cette subvention et de combattre l’hypothèse selon laquelle le COVID-19 aurait été causé par une fuite de laboratoire.

C’est dans ce contexte que certaines communications auraient été volontairement déplacées vers des canaux personnels afin d’échapper aux demandes de documents publics.

Jusqu’à cinq ans de prison

David Morens, aujourd’hui âgé de 78 ans, a reconnu sa responsabilité en plaidant coupable à une accusation de conspiration.

Son avocat, Timothy Belevetz, a déclaré qu’en plaidant coupable, son client avait assumé la responsabilité de ses actes et continuerait à le faire.

Morens risque jusqu’à cinq ans de prison. Le prononcé de sa peine est prévu pour le 12 novembre 2026.

Cette affaire intervient également dans un contexte politique particulièrement tendu autour de la gestion de la pandémie et des recherches sur les coronavirus. Anthony Fauci, qui a dirigé le NIAID pendant 38 ans et est devenu l’une des principales figures de la réponse américaine au COVID-19, avait comparu devant une commission du Sénat le mois dernier.

L’origine du COVID-19 reste non résolue

Le plaidoyer de culpabilité de Morens porte sur la gestion et la dissimulation de documents publics. Il ne constitue pas une preuve que le COVID-19 provient d’un laboratoire de Wuhan.

L’origine exacte du virus demeure non résolue et les agences américaines de renseignement ne sont pas toutes arrivées à la même conclusion.

Le FBI avait indiqué en 2023 considérer qu’un incident de laboratoire à Wuhan était probablement à l’origine de la pandémie. En janvier 2025, la CIA avait également estimé qu’une origine liée à un laboratoire était plus probable, mais avec un faible niveau de confiance.

D’autres agences américaines de renseignement ainsi que le National Intelligence Council ont, de leur côté, estimé qu’une transmission naturelle du virus à partir d’un animal était l’explication la plus probable.

La Chine a pour sa part rejeté les accusations selon lesquelles la pandémie aurait commencé à la suite d’une fuite d’un laboratoire de Wuhan.

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