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À travers « Etensèl », présentée à ArtServe, à Fort Lauderdale, l’artiste haïtien Marco Saint-Juste déploie un univers où la mémoire intime rejoint l’expérience universelle. Dédiée à sa mère disparue trop tôt, l’exposition célèbre la force des femmes, la transmission culturelle et cette lumière intérieure qui permet à l’être humain de résister, de créer et de se réinventer.

L’artiste pluridisciplinaire haïtien Marco Saint-Juste présente, jusqu’au 2 décembre 2026, son exposition personnelle « Etensèl » à ArtServe, à Fort Lauderdale. Inaugurée le 2 octobre devant un public composé d’amateurs d’art haïtiens et étrangers, cette exposition propose un voyage sensible aux frontières de la mémoire, de la spiritualité et de l’identité.

En créole haïtien, « Etensèl » signifie « étincelle ». Le mot évoque à la fois l’origine de la lumière, le commencement d’un mouvement et cette force fragile, mais persistante, capable de survivre aux épreuves. Dans le travail de Marco Saint-Juste, cette étincelle prend naissance dans la figure maternelle. L’exposition rend hommage à sa mère, partie trop tôt, tout en saluant les femmes qui consacrent leur existence à élever, protéger et accompagner leurs enfants.

Loin de se limiter à l’expression d’un deuil personnel, « Etensèl » transforme l’absence en présence créatrice. La douleur intime devient ainsi un langage visuel à travers lequel l’artiste interroge la maternité, la féminité, la filiation et la continuité entre les générations. La mère n’y apparaît pas seulement comme une figure biologique, mais comme une source de mémoire, de sagesse, de résistance et de transmission.

L’exposition réunit quinze œuvres tirées d’un ensemble de trente-trois créations. Des titres tels que « Mèsi Manman », « Sajès Manman », « Marasa », « Dantò », « Grann Èzili », « Freda Bèl Fanm », « Mambo » ou encore « Echoes of Her Soul » témoignent de la diversité des références mobilisées. L’intime y dialogue avec le patrimoine culturel et spirituel haïtien, tandis que les figures féminines deviennent les dépositaires d’une histoire qui dépasse les frontières individuelles.

Né à Jacmel et établi dans le sud de la Floride, Marco Saint-Juste développe une pratique qui embrasse la peinture, la photographie, le cinéma, le dessin, la calligraphie et le design. Autodidacte dès son plus jeune âge et diplômé du Ciné Institute en 2011, il crée sous la signature MSJ Créations. Son approche interdisciplinaire lui permet d’explorer la mémoire, l’identité, la migration, l’appartenance et les expériences humaines partagées.

Pour l’artiste, la création ne relève pas uniquement de la recherche esthétique. Elle constitue un moyen de donner forme à des récits souvent réduits au silence. Chaque œuvre naît d’un souvenir, d’une émotion, d’un rêve ou d’une interrogation sociale, avant de devenir un espace de dialogue entre le passé et le présent. L’art se transforme alors en instrument de préservation, mais également de réinterprétation de l’héritage ancestral.

Le vernissage du 2 octobre a confirmé la dimension universelle de cette démarche. Devant les œuvres, les échanges avec les visiteurs ont permis à l’hommage personnel de rejoindre une expérience collective. À travers la mère de l’artiste, ce sont toutes les femmes, leur courage, leur beauté, leur intelligence et leur capacité de transmettre la vie qui se trouvent honorés.

Organisée par Baget Consulting, sous la direction de Ginite Popote, en collaboration avec ArtServe, « Etensèl » demeure accessible gratuitement au public jusqu’au 2 décembre 2026. L’exposition peut être visitée du mardi au samedi, de 10 heures à 18 heures, au 1350 East Sunrise Boulevard, à Fort Lauderdale, en Floride.

Plus qu’une exposition, « Etensèl » se présente comme une méditation sur ce qui demeure lorsque l’être aimé disparaît. Marco Saint-Juste y rappelle que certaines absences continuent d’éclairer nos chemins et que, dans la mémoire comme dans l’art, une simple étincelle peut porter en elle toute une éternité.

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