À l’approche du 7 février 2026, la scène politique haïtienne s’agite de nouveau. Les prises de position se multiplient, portées notamment par d’anciens responsables politiques, ex-hauts fonctionnaires de l’État et anciens parlementaires. Tous reviennent aujourd’hui avec des propositions présentées comme des solutions à la crise, après de longs mois, voire des années, de silence observé lors de moments pourtant décisifs de la vie nationale.
Parmi les pistes avancées figure la conclusion d’un nouvel accord politique destiné à assurer la continuité de l’État au-delà du 7 février, date marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT). Plusieurs partis, dont Pitit Dessalines, EDE, Fanmi Lavalas, Fusion et l’OPL, s’inscrivent dans cette démarche. Lors de rencontres avec différents acteurs politiques autour du consensus à trouver avant cette échéance, Leslie Voltaire, membre du CPT, a d’ailleurs laissé entendre que le Conseil pourrait se maintenir en place si une majorité des forces consultées y consentait.
Parallèlement, une autre option est défendue par certains groupes organisés et personnalités politiques : la remise du pouvoir à un juge de la Cour de cassation. Cette position est notamment portée par l’Initiative du 24 avril, dirigée par l’ancien sénateur Jean Renel Sénatus, et regroupant plusieurs figures de l’ancienne classe dirigeante, dont d’anciens responsables publics et ex-parlementaires. Selon ces acteurs, la sortie de crise passe par une application stricte de la Constitution de 1987, qui prévoit le recours à la Cour de cassation en cas de vide présidentiel.
Ces initiatives suscitent cependant de nombreuses interrogations. Des observateurs s’interrogent sur la crédibilité de ces prises de position et sur l’absence de ces mêmes acteurs lors d’épisodes majeurs, tels que l’assassinat du président Jovenel Moïse ou les périodes de gouvernance d’Ariel Henry et de Garry Conille. Pour une partie de l’opinion publique, ces démarches traduisent moins une volonté de rupture qu’une tentative de repositionnement politique après des échecs passés.
Ces débats se déroulent dans un contexte marqué par de vives critiques à l’encontre du CPT, accusé de ne pas avoir respecté les engagements de l’accord du 3 avril 2024, notamment en matière de sécurité, de relance économique, de renforcement institutionnel et d’organisation d’élections. Selon plusieurs analystes, la transition aurait contribué à l’aggravation de la situation nationale. En 2025, environ 5,7 millions de personnes vivaient en situation d’insécurité alimentaire, 1,3 million étaient déplacées à l’intérieur du pays, tandis que l’économie enregistrait une septième année consécutive de croissance négative.
Dans ce climat de tensions et d’incertitudes, le 7 février 2026 apparaît comme une échéance décisive pour l’avenir politique du pays. Tandis qu’une partie de la population réclame le départ du CPT et du gouvernement, d’autres acteurs misent sur le dialogue avec les autorités en place, dans l’espoir de négocier leur retour au pouvoir à travers un gouvernement de consensus. Toutefois, l’issue de la crise demeure incertaine, y compris pour ceux qui prétendent en détenir les clés.
Rédaction Journal la Diaspora
