samedi, août 30

Le gouvernement haïtien a décrété samedi un état d’urgence de trois mois dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre, zones durement touchées par la violence des gangs.

Objectif : renforcer la lutte contre l’insécurité et répondre à la crise agricole et alimentaire qui frappe le pays.

Surnommée le « grenier à riz » d’Haïti, la région de l’Artibonite subit depuis plusieurs années des attaques meurtrières. Des agriculteurs sont tués ou contraints de fuir, laissant les champs à l’abandon. Selon l’ONU, plus de 1 000 personnes ont été tuées, 200 blessées et 620 enlevées dans ces zones entre octobre 2024 et juin 2025. La violence a provoqué le déplacement forcé de 239 000 personnes.

Face à la gravité de la situation, le gouvernement a aussi changé la direction de la Police nationale. André Jonas Vladimir Paraison remplace Normil Rameau au poste de directeur général par intérim. M. Paraison travaillera avec des policiers kenyans, dans le cadre d’une mission internationale soutenue par l’ONU, pour tenter de reprendre le contrôle des zones dominées par les gangs, qui tiennent jusqu’à 90 % de Port-au-Prince.

Ces décisions ont été prises lors d’un Conseil des ministres spécial, présidé par Laurent Saint-Cyr, nouvellement à la tête du Conseil présidentiel de transition, aux côtés du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

Entre urgence sécuritaire et crise alimentaire, Haïti joue sa survie. Les trois prochains mois diront si ces mesures suffiront à inverser le cours d’une violence qui dévore peu à peu la nation.

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