L’administration américaine vient de franchir une ligne rouge, selon plusieurs experts en droits humains. L’agence ICE, chargée du contrôle de l’immigration, a discrètement signé un contrat de 2 millions de dollars avec Paragon, société israélo-américaine spécialisée dans les logiciels espions.
Son outil phare, Graphite, permet de prendre le contrôle total d’un smartphone à distance, sans aucune action de la victime. Cousin du tristement célèbre Pegasus, ce logiciel suscite de vives inquiétudes quant à un usage détourné notamment pour surveiller ONG, militants pro-migrants ou simples citoyens.
Paragon jure ne travailler qu’avec des démocraties à des fins criminelles précises. Mais aucune preuve tangible ne le confirme. Au contraire, Graphite a été utilisé en Italie pour espionner journalistes et chercheurs, révèle le Citizen Lab.
En parallèle, le cybercrime évolue. Un logiciel nommé Stealerium, diffusé gratuitement sur le dark web, combine espionnage, vol de données et sextorsion automatisée. Il prend secrètement en photo les utilisateurs via leur webcam lorsqu’ils visitent des sites pour adultes.
Dans un monde où un simple smartphone peut devenir une arme de surveillance, la frontière entre sécurité et intrusion s’efface. Et lorsque la surveillance devient invisible, c’est souvent la démocratie qui disparaît en premier.
