lundi, février 9

Sur les ondes de la Radio Scoop FM, Michelle Bennett, ancienne épouse de Jean‑Claude Duvalier, est revenue sur des épisodes marquants de sa vie : la défense de son mari face aux accusations de détournement de fonds, les années d’exil et leur divorce. Elle a présenté un régime qui, selon elle, aurait fonctionné en marge des grands flux d’aide internationale, comme si Haïti sous Duvalier n’avait jamais bénéficié des financements massifs observés plus tard.

Elle soutient que l’aide internationale était si strictement encadrée qu’aucun détournement n’était possible. Or, les recherches historiques montrent une autre réalité. Dès les années 1970, Haïti redevient un partenaire pour les États‑Unis et plusieurs institutions multilatérales. Les mécanismes de contrôle existaient, mais ils étaient fragiles et facilement contournés par un pouvoir concentré entre quelques mains. L’idée d’une aide intouchable ne correspond pas aux documents et témoignages de l’époque.

La même distance apparaît lorsqu’elle évoque la fortune de Jean‑Claude Duvalier. Michelle Bennett rejette les montants souvent avancés et insiste sur le fait que son mari n’aurait jamais été obsédé par l’argent. Pourtant, les enquêtes et les travaux d’historiens décrivent un régime où la frontière entre finances publiques et intérêts privés était constamment brouillée. Les estimations varient, mais il est établi que le clan Duvalier a détourné entre 600 et 900 millions de dollars des fonds publics. L’image d’un dirigeant étranger à l’argent est difficilement conciliable avec cette réalité.

Son récit de l’exil en France est également empreint de subjectivité. Elle évoque une vie éprouvante mais protégée, citant la bienveillance de François Mitterrand et la surveillance des services secrets français. Les faits établis nuancent ce tableau. Des pressions diplomatiques ont bien existé, notamment de la part des États‑Unis, mais aucune source ne confirme une protection présidentielle directe. Les témoignages de l’époque décrivent plutôt un exil matériellement confortable, marqué par des résidences luxueuses et un train de vie élevé.

Concernant leur séparation, Michelle Bennett affirme avoir été victime d’une manipulation orchestrée par des proches de son mari, allant jusqu’à évoquer un faux divorce annulé en République dominicaine. Les archives disponibles ne corroborent pas ces accusations. Les sources indiquent un divorce prononcé en 1990, après des années de tensions et d’isolement politique. Entre la douleur intime d’une rupture et la froideur des documents publics, deux récits coexistent, mais ils ne racontent pas la même histoire.

Redaction Journal la Diaspora

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