samedi, octobre 3

La perspective d’un retour à l’ordre constitutionnel se heurte à une crise persistante. Devant le Conseil des droits de l’homme, le 2 octobre à Genève, Volker Türk a exprimé ses réserves sur les conditions électorales en Haïti et dénoncé les risques liés aux retours forcés.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme considère les élections libres comme indispensables, mais juge difficile d’envisager un scrutin crédible cette année. Il demande également que les responsables de violations graves des droits humains soient exclus de la compétition électorale.

Son intervention relève au moins 5 700 morts ou blessés, plus de 230 personnes kidnappées et plus de 1 000 femmes et filles violées entre le 1er janvier et le 11 septembre. Ces chiffres documentés pourraient sous-estimer l’ampleur réelle des violences.

Volker Türk signale aussi plus de 220 000 retours forcés vers Haïti en 2026, dont près de 20 000 enfants, depuis plusieurs pays de la région. Il estime que ces renvois exposent de nouveau certaines personnes au danger et contreviennent au principe de non-refoulement. Ce total régional ne constitue pas un bilan des seules expulsions américaines.

La protection des enfants occupe également une place centrale dans les discussions internationales. Lors du même dialogue, l’ambassadrice britannique chargée des droits humains, Eleanor Sanders, a demandé que les enfants associés aux gangs soient considérés comme des victimes. Elle a plaidé pour des programmes permettant leur sortie des groupes armés, avec un accompagnement psychologique, un accès à l’éducation et une réintégration durable dans leurs communautés.

Le Royaume-Uni a annoncé un soutien de 7,5 millions de dollars au mécanisme chargé de veiller au respect des droits humains par la Force de répression des gangs, mis en œuvre par le Haut-Commissariat. Londres a également interrogé les autorités haïtiennes sur les moyens nécessaires pour développer des programmes de désarmement, de démobilisation et de réintégration à l’échelle nationale.

Ces prises de position placent la protection de la population au cœur du débat sur la transition. Sur le plan électoral, l’enjeu dépasse l’établissement d’un calendrier : un processus crédible suppose que les citoyens puissent se déplacer, participer à la campagne et voter sans intimidation. Sur le plan migratoire, les retours forcés soulèvent la question des garanties de sécurité et de l’accompagnement des personnes renvoyées.

L’intervention du Haut-Commissaire exprime une évaluation et des recommandations. Elle ne constitue pas, à elle seule, une décision de report des élections ni une mesure d’exclusion visant un candidat précis.

Sources : Office des Nations unies à Genève déclaration de Volker Türk du 2 octobre 2026 ; ministère britannique des Affaires étrangères intervention d’Eleanor Sanders du 2 octobre 2026.

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