Des noms et des noms ne cessent d’être cités sur la toile comme étant de potentiels candidats à la présidence, au Sénat, à la députation, etc. Untel est candidat, unetelle est candidate… et on le fait avec la légèreté que l’on nous connaît.
Malheureusement, on ne prend jamais rien au sérieux. On est un peuple qui rit de tout. On rit même de notre misère. On badine avec les choses comme des enfants le font avec leurs jouets. On théâtralise tout et notre vie de peuple devient un spectacle d’humour. Une mise en scène.
Or, les élections ne sont pas un sujet que l’on devrait prendre à la légère. Car c’est une question de vie ou de mort pour un peuple.
Alors, je n’ai aucun problème à ce que des noms soient sortis des tiroirs en série, comme dans un feuilleton comique. Mais mon problème est que jamais on ne sorte d’idées, d’idéologies, de plans, de programmes, de chiffres ou de structures.
Le plus important pour moi, comme électeur, ce n’est pas de savoir que quelqu’un est candidat, mais de savoir ce qu’il porte comme idée, comme vision, et de me dire, de manière scientifique, comment il compte aborder ce que le Docteur Edelyn Dorismond pourrait appeler « le problème haïtien ».
Ainsi, la question électorale ne devrait-elle pas se résumer à une affaire de savoir qui se présente ou non aux élections, car n’importe quel citoyen ou citoyenne peut facilement se porter candidat ou candidate, mais elle devrait plutôt nous renvoyer à des idées fondamentales sur notre avenir de peuple, à des plans d’action structurés et structurants qui répondent aux questions sociales, environnementales, économiques, sanitaires, éducatives, infrastructurelles, constitutionnelles et sécuritaires.
Des noms et des noms. Comme on le dit ici, au Québec : je m’en calisse. Tout ce qui me préoccupe aujourd’hui, c’est : quel nom pour quelle idée, pour quel projet, pour quel plan ? Le terrain électoral ne doit pas être un terrain d’affrontements entre divers noms, mais entre diverses idées et visions du monde.
John Wesley Delva
