Depuis l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse, Haïti traverse une période d’instabilité politique marquée par des transitions successives au sommet de l’État. Après le passage du Premier ministre Ariel Henry et la mise en place du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), le pays est sur le point de connaître une nouvelle gouvernance temporaire, chacune visant à gérer les affaires courantes sans jamais organiser les élections législatives, présidentielles, locales et municipales.
À quelques jours de la fin du mandat du CPT, prévue le 7 février 2026, les acteurs politiques multiplient les propositions d’accords politiques pour prolonger la période transitoire, avec des durées variant de 12 à 24 mois, voire parfois jusqu’à cinq ans. Dans ce contexte, de nombreux dirigeants et politiciens haïtiens semblent privilégier la gestion des transitions au lieu de se confronter à l’épreuve des urnes.
Ces périodes temporaires leur offrent une marge de manœuvre pour exercer le pouvoir sans passer par l’approbation populaire. Cette pratique installe un cycle où les transitions se succèdent, tandis que le processus électoral, censé garantir la légitimité des autorités, est continuellement retardé. Le pays se retrouve ainsi confronté à un vide démocratique, où les décisions importantes se prennent dans un cadre transitoire et non élu.
Les conséquences sont directes sur la gouvernance et sur la confiance des citoyens. Les institutions restent fragilisées, les réformes structurelles tardent à être mises en œuvre et la participation politique de la population demeure limitée. De l’avis de plus d’un, la priorité devrait être la mise en place d’un calendrier électoral crédible et respecté, accompagné d’un accord politique clair sur les conditions de transition.
Dans ce contexte, plusieurs interrogations restent ouvertes : jusqu’où les transitions peuvent-elles se prolonger sans affaiblir davantage la démocratie haïtienne ? Les politiques accepteront-ils enfin de placer l’intérêt national au-dessus des intérêts personnels et de permettre à la population de choisir ses représentants lors de scrutins libres et transparents ? Ces questions restent au cœur des débats sur l’avenir politique d’Haïti et la restauration de la confiance citoyenne.
Rédaction Journal la Diaspora
