jeudi, août 20

À l’issue d’une mission interaméricaine et internationale de haut niveau en Haïti, le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert R. Ramdin, a placé la question sécuritaire au centre des urgences auxquelles le pays doit répondre, alors que les prochaines élections sont prévues pour le 13 décembre 2026.

Si le secrétaire général de l’OEA présente la sécurité et les élections comme les deux priorités les plus immédiates et interdépendantes du pays, une grande partie de sa déclaration de clôture est consacrée aux conditions sécuritaires nécessaires à l’avancement du processus électoral.

Réduire le contrôle des gangs et rouvrir les axes stratégiques

Albert Ramdin réclame des progrès « visibles et mesurables dans les meilleurs délais » sur le terrain.

Parmi les objectifs immédiats identifiés par la mission figurent la réduction du contrôle territorial exercé par les gangs armés, la sécurisation du principal axe routier menant à l’aéroport international, la garantie d’un accès durable à l’aéroport et au port ainsi que le rétablissement d’un accès sécurisé vers le sud du pays.

Ces objectifs interviennent dans un contexte où l’insécurité et le contrôle de plusieurs axes routiers constituent des obstacles majeurs à la libre circulation des personnes et des marchandises.

Davantage de moyens réclamés pour la GSF

Le secrétaire général de l’OEA a également exprimé le soutien de la délégation au renouvellement, aux Nations Unies, du mandat de la Force de répression des gangs (GSF).

Mais pour Ramdin, renouveler le mandat ne suffira pas. Il appelle les États et partenaires internationaux ayant promis du personnel, des équipements ou des ressources financières à accélérer la concrétisation de leurs engagements.

La Force doit, selon lui, disposer du personnel, du financement, du soutien logistique et des capacités opérationnelles nécessaires pour produire des résultats.

L’objectif dépasse la seule lutte contre les groupes armés. Ramdin établit directement un lien avec les élections, estimant que les efforts de la GSF sont essentiels pour « créer les conditions nécessaires à la tenue d’un processus électoral sûr ».

Sécurité et élections « ne peuvent être dissociées »

Alors que le scrutin est annoncé pour le 13 décembre, l’OEA reconnaît les préparatifs déjà entrepris par le Conseil électoral provisoire (CEP), l’Office national d’identification (ONI) et le gouvernement.

Mais le calendrier exige désormais, selon Ramdin, une accélération urgente de l’enregistrement et de l’identification des citoyens, des campagnes d’information ainsi que de la mobilisation des électeurs.

L’OEA continuera parallèlement d’évaluer l’évolution de la situation sécuritaire et l’état des préparatifs électoraux.

Sur ce point, Albert Ramdin est catégorique : « Ces deux dimensions ne peuvent être dissociées. »

La déclaration laisse ainsi apparaître la sécurité comme une condition déterminante pour permettre au processus électoral de se dérouler dans un environnement sûr.

3 millions de dollars pour l’identification civile

La mission a également débouché sur un accord de coopération de 3 millions de dollars avec le gouvernement japonais afin de renforcer l’identification civile.

Le financement doit notamment permettre l’acquisition de 350 000 cartes d’identification biométriques, l’élargissement des services mobiles d’enregistrement et le renforcement de la coordination entre l’ONI et le CEP.

L’OEA a par ailleurs salué la formalisation de l’adhésion d’Haïti à la CAF – Banque de développement de l’Amérique latine et des Caraïbes – et annoncé d’autres initiatives dans les domaines social et économique.

Albert Ramdin présentera les conclusions de cette mission au Conseil permanent de l’OEA le 26 août, avant de convoquer une nouvelle réunion du Groupe des amis d’Haïti le 4 septembre.

À moins de quatre mois des élections annoncées, le message de la mission est clair : les préparatifs électoraux doivent s’accélérer, mais ils restent étroitement liés à la capacité des autorités haïtiennes et de leurs partenaires à obtenir rapidement des avancées sécuritaires concrètes sur le terrain.

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