Devant la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies, le 23 septembre 2026, le président dominicain Luis Abinader a réaffirmé que son pays ne pouvait pas assumer seul les conséquences de la crise haïtienne. « Il n’existe pas de solution dominicaine à la crise haïtienne », a-t-il déclaré, ajoutant que la République dominicaine continuerait de protéger ses frontières, d’appliquer ses lois migratoires et de renforcer ses forces armées. Selon lui, la solution doit être construite en Haïti, avec un engagement réel de la communauté internationale.
Abinader a également demandé que le déploiement de la force internationale chargée d’appuyer la sécurité en Haïti soit enfin complété. D’après les chiffres qu’il a présentés, cette force ne disposerait encore que d’environ un cinquième des effectifs autorisés. Il a aussi réclamé l’application effective de l’embargo sur les armes ainsi que des sanctions contre les personnes qui financent ou protègent les groupes armés.
Pour illustrer l’urgence de la situation, le président dominicain a rappelé le massacre de Kenscoff, où 47 personnes, dont cinq enfants, ont été tuées en une seule nuit. Il a également évoqué près de 1,5 million de personnes déplacées à l’intérieur d’Haïti. Ces chiffres correspondent à une crise plus large : plus de 3 000 personnes ont été tuées durant le premier semestre de 2026 et plus de 21 000 depuis 2022.
Cette déclaration confirme la ligne politique défendue depuis plusieurs années par le gouvernement Abinader : renforcer le contrôle migratoire du côté dominicain tout en demandant une intervention internationale plus importante en Haïti. Elle soulève toutefois une question essentielle : si la solution doit effectivement venir d’Haïti, les institutions haïtiennes disposent-elles aujourd’hui des moyens nécessaires pour la construire, et jusqu’où la communauté internationale est-elle réellement prête à les accompagner?
