Le New York Times rapporte la découverte de corps pouvant être ceux des quatre militaires salvadoriens disparus. Reuters reprend cette information, en précisant ne pas avoir pu la confirmer indépendamment. Nayib Bukele rejette ensuite cette identification. La Force de répression des gangs confirme, de son côté, avoir reçu des dépouilles non identifiées. Dans cette succession de déclarations, où est la parole du gouvernement haïtien ?
Le président salvadorien affirme qu’une ONG a remis des restes humains à l’aéroport en les présentant comme ceux de ses quatre techniciens. Selon lui, plusieurs éléments permettent d’écarter cette hypothèse. Il évoque notamment les restes d’un enfant, une différence de taille et des effets militaires provenant d’autres pays.
Dans son communiqué du 25 octobre, la FRG confirme avoir reçu des dépouilles par l’intermédiaire d’une organisation humanitaire. Elle précise toutefois ne pas pouvoir établir qu’il s’agit de ses quatre membres disparus après l’attaque du 18 octobre à Santo. Les recherches se poursuivent.
Ces prises de parole ne répondent pas à toutes les questions. Quelle organisation a remis les dépouilles ? Où les a-t-elle récupérées ? Dans quelles circonstances ? Sur quelle base un lien a-t-il été envisagé avec les militaires salvadoriens ? Et surtout, qui sont les personnes décédées ?
Le gouvernement haïtien avait annoncé sa mobilisation dans les recherches. Pourtant, sa position sur cette remise de restes humains reste attendue. Les autorités ont-elles été informées de leur récupération et de leur transport ? Participent-elles aux démarches d’identification ? Disposent-elles d’informations qu’elles ne peuvent pas encore communiquer ?
Le silence ne permet pas de conclure qu’elles ignorent les faits. Mais il empêche la population de comprendre leur rôle dans une affaire qui se déroule sur le territoire haïtien.
La prudence peut justifier de ne pas annoncer une identité avant les vérifications nécessaires. Elle n’empêche pas d’expliquer quelles démarches sont engagées, quels services interviennent et ce qui reste à établir.
La FRG a également précisé que le soldat tchadien dont la carte militaire circule sur les réseaux sociaux se trouve dans son unité. Cette clarification répond à une interrogation précise. D’autres restent entières sur les dépouilles elles-mêmes.
Car le dossier dépasse désormais le sort des quatre Salvadoriens. Si ces restes ne sont pas les leurs, ils appartiennent à d’autres personnes. Leur identité, les circonstances de leur mort et l’information de leurs familles méritent autant d’attention.
Il ne s’agit pas d’accuser l’organisation humanitaire qui les a transportés, ni de tirer des conclusions sans preuve. Il s’agit de retracer les faits.
Le gouvernement haïtien est-il au courant de l’ensemble de ces développements ? Si oui, pourquoi ne précise-t-il pas ce qu’il sait et ce qu’il entreprend ? Une parole publique permettrait de répondre à ces questions et de replacer l’identification des victimes au centre du dossier.

