Port-au-Prince, 8 août 2025.- Le changement tant attendu à la tête de la Police nationale d’Haïti (PNH) est désormais officiel. André Jonas Vladimir Paraison, jusqu’ici coordonnateur de la sécurité du Palais national, a été nommé ce vendredi, directeur général a.i., en remplacement de Rameau Normil.
Ce remplacement, souhaité depuis plusieurs mois par le chef du gouvernement et une partie du Conseil présidentiel de transition (CPT), met fin à une période de tensions ouvertes entre Normil et le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Les désaccords, notamment sur la conduite des opérations contre les gangs, avaient paralysé la coordination au sommet de la PNH.
Issu de la première promotion de la police, Paraison est présenté comme un homme de terrain, aguerri et déterminé. Blessé à la jambe lors d’affrontements avec des groupes armés, il est monté à la tribune, canne en main, pour affirmer : « Nous, policiers, ne dormirons pas. Nous assurerons la sécurité dans chaque recoin du pays. »
Il prend ses fonctions dans un contexte explosif : la capitale reste largement sous contrôle de l’alliance criminelle « Viv Ansanm », responsable de meurtres, enlèvements et extorsions, et plus de 1,3 million de personnes sont déjà déplacées par la violence.
Le nouveau patron de la PNH hérite d’une institution sous-équipée et confrontée à une mission titanesque : restaurer l’autorité de l’État face à des gangs mieux armés et déterminés. Le CPT espère que son arrivée insufflera « un nouveau souffle » à la lutte contre l’insécurité.
À présent, tout repose sur un pari : que l’homme de terrain parvienne à reprendre, rue après rue, un pays que les gangs croient déjà acquis.
Photo: Ralph Tedy Erol