samedi, septembre 5

Sur les millions de dossiers d’adhésion transmis par les partis et organisations politiques, seulement 857 308 ont été validés par l’Office national d’identification. Ce bilan soulève des interrogations sur la fiabilité des listes, l’utilisation des données personnelles et le consentement des citoyens.

L’Office national d’identification (ONI) a rejeté environ 8,346 millions de dossiers d’adhésion politique, selon les informations communiquées le 4 septembre 2026 par son directeur général, Reynold Guerrier.

Ces dossiers auraient été écartés parce que les informations soumises par les partis et organisations politiques ne correspondaient pas aux données enregistrées dans la base nationale d’identification. Sur l’ensemble des dossiers traités, seulement 857 308 adhésions auraient été validées.

Des millions de données non concordantes

Ce bilan met en évidence d’importantes anomalies dans les listes présentées par les structures politiques. Les dossiers rejetés pourraient notamment comporter des numéros d’identification incorrects, des informations personnelles non concordantes, des doublons ou d’autres irrégularités.

L’ONI n’a toutefois pas encore précisé si les 8,346 millions de dossiers rejetés correspondent à autant de citoyens différents. Ce nombre pourrait représenter l’ensemble des entrées soumises, y compris plusieurs dossiers concernant une même personne.

Il serait donc prématuré d’affirmer que plus de huit millions de citoyens ont personnellement tenté d’adhérer à des organisations politiques.

Des adhésions enregistrées sans consentement?

Au-delà des erreurs constatées, cette opération soulève également la question de l’utilisation éventuelle des données personnelles de certains citoyens sans leur autorisation.

Reynold Guerrier a indiqué avoir proposé au Conseil électoral provisoire (CEP) la mise en place d’un mécanisme permettant à chaque citoyen de vérifier si son numéro d’identification nationale unique, le NINU, figure sur la liste d’une organisation politique.

Une personne qui découvrirait que son identité a été utilisée sans son accord pourrait ainsi demander le retrait de son nom. Cette mesure permettrait de mieux protéger le consentement des citoyens et de limiter les adhésions politiques fictives ou frauduleuses.

Un enjeu pour la crédibilité des élections

La vérification des listes d’adhérents occupe une place importante dans le processus de reconnaissance et de validation des organisations politiques. Des données inexactes ou utilisées sans consentement pourraient donc affecter la légitimité de certaines structures souhaitant participer aux prochaines élections.

Cette situation risque également de renforcer la méfiance d’une partie de la population envers les institutions électorales, dans un contexte où la transparence et la crédibilité du processus sont déjà fortement contestées.

La publication d’informations techniques supplémentaires par l’ONI et le CEP sera nécessaire pour déterminer la nature exacte des dossiers rejetés, identifier la présence éventuelle de doublons et établir si des données personnelles ont effectivement été utilisées sans autorisation.

Au-delà du nombre spectaculaire annoncé, l’enjeu principal reste donc la protection de l’identité des citoyens et la construction d’un processus électoral fondé sur des données fiables, vérifiables et obtenues avec leur consentement.

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