À l’approche du 7 février, Haïti semble rejouer une pièce déjà trop connue. Les projecteurs se braquent sur le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), censé incarner une rupture, mais qui s’accroche au pouvoir comme un naufragé à sa planche. Pourquoi ce refus de partir ? Parce que le CPT est devenu, pour ses membres, moins un instrument de transition qu’un moyen d’enrichissement personnel et un instrument de survie politique.
Alors que les propositions de “sortie de crise” pleuvent, comme des slogans recyclés d’une campagne électorale sans fin, des partis politiques, jadis irréconciliables, se retrouvent autour de tables de dialogue improvisées. Mais de quel dialogue s’agit-il ? Est-ce celui qui, en avril 2024, a enfanté ce Conseil de transition de 9 membres promis comme une bouffée d’air frais, mais qui s’est vite transformé en un cercle fermé de calculs et de compromis ? Ou bien est-ce ce dialogue où les mêmes acteurs ont juré, la main sur le cœur, qu’ils rétabliraient la sécurité et organiseraient des élections crédibles ?
Le refus du CPT de céder la place n’est pas seulement une question de mandat. C’est le symptôme d’une classe politique qui confond transition avec prolongation, rupture avec continuité. Chaque échéance devient une opportunité de marchandage, chaque promesse un outil de légitimation temporaire. Pendant ce temps, la population reste prisonnière d’un cycle où l’urgence sécuritaire et la misère quotidienne sont reléguées derrière les calculs de pouvoir.
Alors, que valent les dernières démarches désespérées du CPT ? Si ce n’est qu’une répétition des mêmes manœuvres, elles ne mèneront qu’à une nouvelle impasse. Le véritable dialogue devrait être celui qui place enfin la société au centre, qui ose briser le cercle des rapaces politiques, et qui redonne au mot “transition” son sens premier : préparer un avenir, et non prolonger un présent stérile.
Le CPT refuse de partir parce qu’il n’a jamais réellement voulu être de passage. Mais et Haïti dans tout cela ? Peut-elle se permettre d’attendre indéfiniment que ces dirigeants changent leur cœur ?
Redaction Journal la Diaspora


